Dans le cadre du TalkShow « À la Table de la Kinoise », organisé ce samedi 23 mai au Silikin Village à Kinshasa, les échanges ont mis en lumière les défis majeurs liés à l’insertion professionnelle et à l’accompagnement de la jeunesse congolaise. Sarah Leferink, Coordinatrice en charge du Village des Opportunités au sein du ministère de la Jeunesse et Éveil patriotique, a partagé une lecture critique du système de formation et des opportunités disponibles.
Dès son intervention, elle a dressé un constat sans détour sur le décalage entre le système éducatif et les réalités du marché de l’emploi.

« Je ne me souviens pas avoir eu des cours sur la manière de me présenter en entretien, ni sur la rédaction d’un CV attractif ou encore sur la valorisation de mon profil professionnel sur LinkedIn », a-t-elle déclaré, soulignant un manque structurel dans la préparation des jeunes à l’insertion professionnelle.
Elle a rappelé que la jeunesse constitue une part majoritaire de la population congolaise, représentant une force démographique importante, mais encore insuffisamment outillée.

« Une jeunesse aussi nombreuse mérite une structure dédiée, capable de répondre concrètement à ses besoins », a-t-elle insisté, mettant en avant la légitimité et la responsabilité des institutions publiques dans l’encadrement de cette frange de la population.
Abordant la question des missions du ministère de la Jeunesse, Sarah Leferink a expliqué que plusieurs jeunes présents dans la salle ont eux-mêmes évoqué des notions clés telles que l’accompagnement et l’encadrement. Elle a validé ces réponses tout en précisant que l’action du ministère va bien au-delà.

« Nous travaillons sur la promotion de la jeunesse, son encadrement et surtout son accompagnement vers l’autonomie et l’opportunité », a-t-elle affirmé.
Elle a également mis en avant l’importance de l’initiative « Village des opportunités », un programme conçu à la suite de consultations menées dans différentes provinces du pays. L’objectif est de recenser les besoins réels des jeunes et de connecter ces derniers aux acteurs économiques, institutions de formation et partenaires capables de leur offrir des solutions concrètes.

« Le problème aujourd’hui n’est pas seulement le manque d’opportunités, mais aussi le manque d’information », a-t-elle souligné, insistant sur la nécessité de rendre visibles les dispositifs existants tels que les mécanismes de financement, les programmes d’accompagnement ou encore les structures d’appui à l’entrepreneuriat.
Dans cette logique, elle a annoncé l’organisation prochaine du Village des opportunités 2026, prévu dans la province du Haut-Katanga, au sein de l’Assemblée provinciale. Cet événement, étalé sur trois jours, ambitionne de donner un nouveau souffle à la jeunesse congolaise en mettant à sa disposition des solutions concrètes en matière d’emploi, de formation et d’entrepreneuriat.

« Nous voulons créer un impact à grande échelle à travers la formation de masse et l’implication de tous nos partenaires », a-t-elle expliqué, soulignant la volonté du ministère de travailler en synergie avec les acteurs publics et privés pour renforcer l’efficacité des dispositifs existants.
Répondant à une question du public sur les modalités d’accès aux opportunités et aux programmes d’accompagnement, elle a rappelé que le ministère collabore avec plusieurs partenaires et structures spécialisées afin de faciliter l’accès des jeunes aux dispositifs de financement, de formation et d’incubation.
Sarah Leferink a ainsi mis en évidence la priorité de rapprocher l’information des jeunes, structurer les opportunités existantes et renforcer l’accompagnement institutionnel afin de transformer le potentiel de la jeunesse congolaise en véritable moteur de développement.
Lydia Mangala


