Alors que la capitale congolaise est de nouveau au centre de l’actualité, l’opposant et député national Claudel André Luboya tire la sonnette d’alarme sur les missions de contrôle dépêchées à l’Hôtel de ville par le pouvoir central.
Selon lui, ces initiatives ne se limitent pas à de simples vérifications administratives mais traduisent une dérive institutionnelle profonde.
Une recentralisation rampante qui fragilise les provinces
Pour Claudel Luboya, l’exécutif s’arroge des pouvoirs qui ne lui reviennent pas, neutralise les Assemblées provinciales et installe un rapport de force menaçant la décentralisation.
« Le pouvoir central ne respecte plus la Constitution de 2006. Il se comporte comme un organe de contrôle des finances provinciales, ce qui est contraire au cadre légal », a-t-il déclaré, dénonçant une usurpation des prérogatives provinciales.
Suspension illégale du contrôle parlementaire
Le député précise que le contrôle parlementaire dans les provinces a été suspendu par le pouvoir exécutif, en violation de l’article 197 de la Constitution.
Deux missions de contrôle ont été envoyées à Kinshasa : l’une par le Président de la République, l’autre par le ministre de l’Intérieur.
« Ces missions n’ont aucune base constitutionnelle ou légale », insiste Luboya.
Une atteinte au modèle de décentralisation
Ces interventions directes du pouvoir central violent l’article 3 de la Constitution, garantissant la libre administration provinciale, ainsi que plusieurs dispositions de la loi sur la libre administration des provinces. Selon Claudel Luboya, ce contournement des mécanismes institutionnels de contrôle Assemblées provinciales, IGF et Cour des comptes neutralise les organes provinciaux et remet en cause le modèle de décentralisation voulu par la Constitution.
Responsabilité des Assemblées provinciales
« Les Assemblées provinciales doivent défendre leurs prérogatives constitutionnelles. Si elles ne s’opposent pas à cette ingérence illégale, elles renoncent à leur mission et deviennent des institutions vides de substance », prévient le député. Il met en garde contre le risque d’une disparition progressive de la raison d’être des Assemblées provinciales, réduites à un rôle purement décoratif.
Claudel Luboya appelle ainsi les institutions provinciales à affirmer leur autorité pour protéger la décentralisation et empêcher la concentration excessive du pouvoir au niveau central.
Lydia Mangala


