Le football est parfois d’une cruauté sans nom. Ce mardi 6 janvier 2026 soir, sur la pelouse du Stade Prince Moulay El Hassan de Rabat, la République Démocratique du Congo a vu ses espoirs de troisième étoile s’envoler à l’ultime seconde. Après un combat héroïque de plus de 120 minutes, les Léopards ont fini par céder face à l’Algérie (1-0), quittant la compétition la tête haute, mais le cœur lourd.
Dès le coup d’envoi, l’affiche a tenu toutes ses promesses. D’entrée de jeu, Sébastien Desabre, sélectionneur de la RDC alignait une équipe classique. Dans la perche, Lionel Mpasi, auteur d’une grande soirée débutait sans surprise. Dans l’axe, le technicien français reconduisait le duo Chancel Mbemba-Axel Tuanzebe. Wan Bissaka occupait le couloir droite et Joris Kayembe à gauche. Au milieu de terrain, Samuel Moutoussamy débutait en sentinelle, alors que Ngal’ayel Mukau et Noah Sadiki se plaçaient un peu plus haut. Théo Bongonda, Meschack Elia et Cédric Bakambu, eux, formaient le trio d’attaque.
Entre une Algérie revancharde après deux échecs consécutifs à la CAN et une RDC portée par l’ambition de marquer l’histoire, le choc a tourné au bras de fer tactique. En fait, sur la pelouse, les deux nations se sont regardées les yeux dans les yeux, refusant de reculer, multipliant les duels intenses au milieu de terrain.
Solides défensivement et disciplinés, les hommes de Sébastien Desabre ont longtemps neutralisé les offensives des Fennecs. Malgré la pression algérienne, les Léopards ont eu des occasions de plier le match, portés par une solidarité exemplaire qui laissait entrevoir un exploit possible. Alors que les spectateurs se préparaient déjà à la séance fatidique des tirs au but, le destin a basculé. À la fin de la seconde période de la prolongation, le jeune prodige algérien Adil Boulbina a sorti un geste d’exception.
D’une frappe enroulée, un véritable bijou qui a fini sa course dans la lucarne, il a libéré le peuple algérien et foudroyé les espoirs congolais. Stade en ébullition, public congolais climatisé.
Sans doute, ce but, survenu au moment où les organismes étaient à bout de souffle, ne laissait plus aucune place à une réaction de la RDC. Le coup de sifflet final a retenti comme un glas pour les supporters congolais venus en nombre.
La RDC quitte le Maroc avec d’immenses regrets. Cette génération croyait fermement à cette troisième étoile, après les sacres de 1968 et 1974. Elle a prouvé, durant ce tournoi, qu’elle fait à nouveau partie du gratin du football africain en faisant trembler l’un des favoris de la compétition jusqu’au bout de la soirée.
« C’est une fin cruelle. Nous avons montré que nous pouvions rivaliser avec les meilleurs. Ce soir, c’est le football qui a décidé, mais nous reviendrons plus forts », confiait un supporter congolais à la sortie du stade.
Pendant que l’Algérie s’envole vers un quart de finale explosif contre le Nigeria, la RDC rentre à Kinshasa avec la fierté d’avoir fait rêver tout un peuple. Le rêve est brisé, mais la base d’une grande équipe est bien là.
Josaphat Mayi, à Rabat


