Les images largement diffusées sur les réseaux sociaux montrant un agent de santé s’en prenant violemment à une femme venant d’accoucher dans une structure sanitaire de Kinshasa continuent de provoquer une vive indignation au sein de l’opinion publique congolaise et du monde politique.
Face à cette situation, la députée nationale et présidente de la Commission Égalité des chances, famille et enfant, Percy Nzuzi Umba, est intervenue à l’Assemblée nationale pour condamner ce qu’elle qualifie de « ligne rouge » franchie dans la violation des droits des femmes en milieu hospitalier.
Intervenant lors de la plénière du samedi 28 mars, l’élue de Matadi, membre de l’UDPS/Tshisekedi, a estimé que la République devait réagir avec rigueur face à de tels actes, afin d’empêcher leur banalisation dans les structures de santé. Selon elle, les témoignages récurrents de violences, d’humiliations et de mauvais traitements dans les maternités traduisent un problème systémique nécessitant une réponse institutionnelle forte.
Dans une prise de parole particulièrement engagée, elle a dénoncé la répétition de ces violences souvent non filmées mais largement vécues par de nombreuses femmes.
« Chaque jour sur les réseaux sociaux, des femmes témoignent, elles parlent des violences subies lors des accouchements, elles parlent des maltraitances, elles parlent d’humiliations. La Commission Égalité des chances dit non ! Non à la banalisation de la violence, non à l’exploitation du corps des femmes, non à la maltraitance des patientes, non à l’impunité ! », a-t-elle déclaré, affirmant que la Nation doit justice à la victime et à toutes les femmes concernées.
Poursuivant son intervention, Percy Nzuzi a insisté sur la nécessité de sanctions exemplaires à l’encontre du personnel impliqué. Elle a notamment appelé à une possible radiation du médecin mis en cause, à l’ouverture de poursuites judiciaires contre toutes les personnes ayant participé, facilité ou toléré les faits, ainsi qu’à des mesures disciplinaires contre la diffusion d’images portant atteinte à la dignité des patientes.
Elle a également plaidé pour l’ouverture d’une enquête nationale sur les violences faites aux femmes dans les structures sanitaires, en particulier dans les services de maternité, ainsi que pour le renforcement des mécanismes de signalement et du contrôle de l’éthique médicale.
Au-delà de sa commission, la députée a exhorté le bureau de l’Assemblée nationale à adopter une position officielle forte face à cette affaire, estimant que le silence des institutions pourrait être interprété comme une forme de complicité.
« En ce mois dédié à la femme, se taire serait une faute, regarder ailleurs serait une complicité. La dignité d’une femme ne se négocie pas, elle se protège », a-t-elle insisté.
Selon les informations disponibles, la vidéo, filmée à l’hôpital général de Kinkole dans la commune de N’sele à Kinshasa, montre un agent de santé infligeant des violences physiques à une patiente en post-accouchement, provoquant une forte indignation nationale.
Des sources judiciaires indiquent par ailleurs qu’un procès en flagrance aurait été ouvert contre le mis en cause, alors que les appels à des sanctions exemplaires se multiplient au sein de la classe politique et de la société civile.
Cette affaire, devenue virale, relance le débat sur les violences obstétricales en République démocratique du Congo et la nécessité de renforcer la protection des patientes dans les structures de santé.
Lydia Mangala


