En République démocratique du Congo, les cancers de la femme représentent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. Chaque année, près de 15 000 nouveaux cas sont enregistrés, un chiffre qui illustre l’ampleur d’une maladie qui touche des milliers de familles et continue d’être diagnostiquée trop souvent à un stade avancé.
Derrière ces statistiques se cachent des réalités humaines lourdes. Des femmes, des mères, des épouses et des jeunes filles dont le parcours de soins dépend encore fortement de l’accès à l’information, de la capacité de dépistage précoce et de la disponibilité de services médicaux spécialisés.
C’est dans ce contexte qu’a été lancée à Kinshasa la Première Table Ronde Nationale sur la Lutte contre les Cancers de la Femme, placée sous le haut leadership de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, en présence de la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi. Cette rencontre marque une étape importante dans la volonté du Gouvernement de structurer une réponse nationale plus cohérente et plus efficace face aux cancers féminins.
L’objectif de cette table ronde est de définir une stratégie intégrée axée sur la prévention, le dépistage et la prise en charge. Une approche jugée indispensable dans un pays où les obstacles restent nombreux à travers un faible recours au dépistage, une insuffisance d’équipements spécialisés, des difficultés d’accès aux traitements, des inégalités territoriales et un manque d’information dans plusieurs communautés.
La Cheffe du Gouvernement a rappelé que la santé de la femme constitue un droit fondamental garanti par l’État.
« La santé de la femme est un droit inaliénable, protégé par la Constitution et garanti par l’action publique », a-t-elle souligné, insistant sur la responsabilité collective dans la lutte contre ces maladies.
La cérémonie a également été marquée par la désignation de la Première Dame comme « Marraine Rose 2025-2026 », une reconnaissance de son engagement constant en faveur de la santé des femmes et des enfants. Ce rôle symbolique vise à renforcer la mobilisation nationale autour de la prévention et du dépistage, mais aussi à encourager une prise de conscience collective face à une maladie encore trop souvent entourée de silence.
Dans un pays où de nombreuses patientes arrivent tardivement dans les structures de soins, la sensibilisation apparaît comme un levier essentiel. Briser les tabous, encourager le dépistage précoce et améliorer l’orientation des malades constituent des priorités urgentes pour réduire la mortalité liée aux cancers féminins.
La perspective d’une Déclaration de Kinshasa est également attendue à l’issue de ces travaux. Ce document pourrait servir de cadre d’engagement national pour renforcer la coordination des acteurs, améliorer les politiques publiques et garantir un accès plus équitable aux soins sur l’ensemble du territoire.
Cette première table ronde ouvre ainsi une nouvelle phase dans la lutte contre les cancers féminins en RDC. Une phase où la prévention devient centrale, où la coordination est renforcée et où la santé des femmes s’impose progressivement comme une priorité nationale assumée.
Lydia Mangala


