Du 8 au 10 avril 2026, Kinshasa accueille la première Conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics (ITP), un rendez-vous stratégique qui réunit près de 500 participants issus des secteurs public, privé et académique, ainsi que des partenaires techniques et financiers venus des 26 provinces du pays.
Placées sous le thème « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif pour les ITP en RDC », ces assises s’inscrivent dans la mise en œuvre du Plan national stratégique de développement (PNSD), qui positionne la modernisation des infrastructures comme un levier central de la transformation économique, sociale et territoriale de la République démocratique du Congo.

Pendant trois jours, experts, décideurs et acteurs du secteur échangent dans un cadre de dialogue stratégique visant à orienter les politiques publiques, partager les bonnes pratiques et promouvoir l’innovation. L’objectif est également de renforcer la gouvernance, améliorer la coordination entre les différents acteurs et mobiliser les investissements nécessaires à la relance du secteur.
Cette conférence s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui entend faire des infrastructures le socle de la diversification de l’économie congolaise. Une ambition déjà traduite à travers des initiatives comme le Programme de Développement Local des 145 territoires (PDL-145T), destiné à réduire les inégalités territoriales et améliorer l’accès aux services de base.
Au cœur des discussions, les infrastructures sont présentées comme un moteur essentiel de transformation. La modernisation des réseaux routiers, ferroviaires et énergétiques apparaît comme un levier incontournable pour stimuler la croissance, désenclaver les territoires et renforcer l’intégration régionale du pays.
Au-delà de ces enjeux internes, la RDC affiche l’ambition de tirer parti de sa position géographique centrale pour devenir un corridor de transit majeur reliant les grandes régions du continent africain, de l’océan Indien à l’océan Atlantique, et du nord au sud, une vision qui entre dans les dynamiques africaines actuelles axées sur les corridors économiques, l’intégration logistique et le développement des chaînes de valeur régionales.
Sous l’impulsion du Ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, cette première édition se veut résolument orientée vers des résultats concrets. L’accent est mis sur l’application effective des résolutions, avec la mise en place d’un dispositif interne de suivi, des points d’étape réguliers et une feuille de route opérationnelle couvrant la période 2026-2030.
Parmi les livrables attendus figurent notamment l’adoption de la « Déclaration de Kinshasa », la mise en place de mécanismes d’indicateurs de performance ainsi que la création d’une commission des normes, appelée à garantir la qualité et la durabilité des ouvrages publics.

Alignée sur le cinquième pilier du programme quinquennal du Chef de l’État, dédié à l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, cette conférence ambitionne de poser les fondations d’un secteur des infrastructures plus performant, plus structuré et capable de répondre aux défis contemporains, notamment ceux liés à la résilience climatique.
À l’issue de ces travaux, les autorités congolaises espèrent déboucher sur des recommandations immédiatement applicables, afin d’accélérer la relance d’un secteur jugé vital pour l’avenir du pays. Car au-delà des discours, l’enjeu est désormais celui de l’exécution : faire des infrastructures un véritable moteur de transformation durable et inclusive pour la RDC.
Lydia Mangala


