Honorable Député,
C’est avec respect et une profonde volonté de bâtir le dialogue qu’en tant que collaborateur de SE Joseph Kabila Kabange, je me permet de répondre à votre lettre ouverte adressée à son attention. Sachant que de lui, vous n’aurez certainement pas de réponse, je prend la plume afin de vous convier à regarder ensemble les faits, les actions et les responsabilités de chacun dans le destin de notre cher pays, la République Démocratique du Congo.
D’abord, permettez-moi de rappeler que SE Joseph Kabila n’a jamais cessé d’être un homme de paix, un homme d’État engagé pour la stabilité et le bien-être de son peuple. Ceux qui, de manière opportuniste, cherchent à attribuer au président honoraire des rôles qui ne sont pas les siens, se trompent de cible. Le choix de SE Joseph Kabila est clair : c’est celui de la paix, de l’unité et de la réconciliation nationale.
1. Joseph Kabila, un homme de paix et de dialogue
Contrairement à ce que vous suggérez, cher honorable, SE Joseph Kabila n’a jamais cherché à incarner le rôle d’un chef rebelle. En tant que leader du Front Commun pour le Congo (FCC), il a consacré les dernières années à promouvoir un dialogue national inclusif et la stabilisation de notre pays. Ces dialogues vous ont permis d’occuper à trois reprises des fonctions ministérielles. Le souhait de Joseph Kabila n’est pas celui de l’affrontement, mais celui de la construction d’une paix durable. L’histoire de l’ancien président est fondée sur des actes concrets pour préserver l’intégrité et la souveraineté du pays, comme en témoignent ses efforts face aux invasions étrangères et son rôle lors de la bataille de Goma contre le M23 en 2013.
Ce n’est pas dans l’ombre des montagnes de l’Est que Joseph Kabila s’inscrit, mais bien dans la lumière d’un homme qui œuvre pour l’intérêt supérieur de la RDC, en veillant à maintenir la paix et à éviter l’escalade de conflits inutiles.
L’attaque en règle dont vous accusez l’ancien président ne fait que vous égarer. Vous oubliez que tout ce qui a été réalisé durant ses mandats – même dans l’adversité – a été en faveur du peuple congolais.
2. Goma: un échec de l’actuel pouvoir, pas celui de Kabila
Je vous invite à regarder la situation actuelle sous un autre angle. Coma est une ville congolaises, et les événements récents, où la ville a été occupée par l’AFC/M23, constituent un échec retentissant pour l’actuel gouvernement.
L’absence de leadership de Félix Tshisekedi dans l’Est de notre pays est aujourd’hui une réalité. Nous ne pouvons pas nous cacher derrière des paroles pour masquer un échec politique, militaire et diplomatique. Rappelons que c’est ce même Félix Tshisekedi qui, dans ses discours, avait promis de prendre le contrôle de cette région stratégique et de la pacifier. Six ans plus tard, la situation a empiré et la région reste sous la menace des forces rebelles.
Ce n’est pas Joseph Kabila qui a échoué à Goma, mais le président Tshisekedi. Joseph Kabila, à son époque, a su maintenir l’intégrité du territoire congolais, y compris face à l’agression étrangère et aux rebellions internes. Le président honoraire, qui a œuvré pour restaurer la paix à l’Est, ne peut être tenu responsable de l’incapacité de son successeur à gérer cette crise.
3. Le Congo a besoin d’un leader qui voit au-delà des divisions politiques
Quant à l’idée que Joseph Kabila aurait « choisi la rébellion », il est nécessaire de rappeler que l’ancien président a toujours prôné le dialogue inclusif, plutôt que de s’engager dans des confrontations inutiles. Ce n’est pas un homme de rancune ou de vengeance. Ce qu’il cherche, c’est la paix. A l’heure où notre pays traverse une période d’incertitude, il faut des voix qui appellent à la réconciliation, non des divisions. Ce n’est pas le moment de chercher à manipuler l’opinion en se basant sur des conjectures non fondées.
Je vous invite à revenir aux fondamentaux: à l’unité nationale et à la défense des intérêts du peuple congolais. SE Joseph Kabila a agi en ce sens tout au long de ses mandats, et aujourd’hui, son retour en RDC pour contribuer à la paix n’est qu’un prolongement naturel de son engagement pour la prospérité du pays.
4. A propos du rôle de Joseph Kabila après son départ du pouvoir
SE Joseph Kabila est un ancien chef d’État « en exil » parce que sa sécurité était menacée par Felix Tshisekedi à la recherche du coupable idéal face à son échec. Pourtant, SE Joseph Kabila reste un patriote qui, même après avoir quitté la présidence, continue à veiller sur l’avenir de notre pays. En tant que sénateur à vie, il occupe une place au-dessus des conflits quotidiens, comme il se doit pour un ancien président de la République. Ce rôle de sage, vous le mentionnez dans votre tribune, mais il semble que vous oubliez que SE Joseph Kabila, à travers le FCC, a pris des mesures pour l’avenir, en soutenant un dialogue politique au lieu de s’engager dans des rivalités politiques stériles. Il est ce leader dont le pays a besoin aujourd’hui pour retrouver son équilibre.
Excellence, Joseph Kabila a toujours agi pour la paix et la stabilité du Congo. Ceux qui cherchent à remettre en question son engagement pour le pays devraient, au contraire, l’applaudir pour sa sagesse et son dévouement à l’intérêt supérieur du Congo. Le chemin de la paix est difficile, mais c’est celui qu’il choisit, et c’est celui qu’il a toujours choisi pour le Congo.
Au lieu de tomber dans des divisions inutiles, concentrons-nous sur ce qui est essentiel pour le Congo: la paix, l’unité nationale et un avenir commun. Joseph Kabila a un rôle à jouer, et il le fera avec l’honneur et la dignité qu’il a toujours incarnés.

Ainsi fait, le 14 avril 2025.
Felix Kabange Numbi
Ancien ministre, membre du FCC.


