Face aux crues répétées et aux glissements de terrain qui frappent chaque année la capitale congolaise, le gouverneur Daniel Bumba Lubaki a reçu, ce mercredi 21 mai 2025, le rapport du bureau pluridisciplinaire URBAPLAN, chargé d’analyser les causes des inondations et de proposer des solutions durables.
Diagnostic approfondi : urbanisation anarchique et défaut de drainage en ligne de mire
Les ingénieurs, urbanistes, architectes et géographes de URBAPLAN ont documenté les mécanismes à l’origine des submersions dans les communes de Maluku et le long de la rivière N’Djili, sortie violemment de son lit en avril dernier.
Ils identifient trois facteurs clés : le manque de canalisations adaptées pour évacuer les eaux pluviales, la multiplication d’implantations hors normes dans les bassins versants et l’obstruction des cours d’eau par des déchets.
Cumulés, ces éléments augmentent la vulnérabilité des quartiers situés en contrebas, où les systèmes d’assainissement sont saturés au premier orage.
Recommandations : de la réglementation au chantier
Loin de se limiter à un constat, le rapport propose un arsenal de mesures techniques et réglementaires :
– Mettre en place un réseau de drainage capable de capter et d’évacuer efficacement les eaux de ruissellement.
– Organiser des campagnes régulières de nettoyage des lits de rivière et des caniveaux, associant autorités et communautés locales.
– Définir des zones non constructibles dans les bassins sensibles, avec des plans d’occupation du sol révisés pour interdire les installations à risque.
– Renforcer les contrôles urbanistiques pour stopper l’artificialisation des collines et maîtriser l’expansion des quartiers informels.
Ce référentiel servira de base à la future réglementation provinciale sur la gestion du territoire et la résilience urbaine.
Vers un engagement citoyen et interinstitutionnel
Pour assurer l’appropriation de ces préconisations, URBAPLAN animera, ce vendredi 23 mai 2025, un atelier participatif réunissant habitants, autorités locales et acteurs de la société civile.
François Laurent, responsable du projet, a souligné l’importance de mettre la population au cœur du processus, car ce sont les citoyens qui vivent et entretiennent leur environnement.
De son côté, Youssef Samlali, directeur associé chez URBAPLAN, a insisté sur la nécessité d’une synergie entre la province, les communes et les services techniques pour transformer ces recommandations en actions concrètes.
« Sans collaboration étroite, les ouvrages de génie civil risquent de rester lettre morte », a-t-il averti.
Avec plus de 15 millions d’habitants et une croissance urbaine rapide, Kinshasa se dote ainsi d’un outil stratégique pour lutter contre des catastrophes récurrentes.
Le succès de cette initiative dépendra désormais de la volonté politique et de l’engagement collectif à franchir le pas de la prévention plutôt que de la réaction.
Lydia Mangala


