Le mercredi 21 janvier 2026, la deuxième journée du Forum Économique Mondial à Davos a mis la République Démocratique du Congo sous les projecteurs internationaux.
Le Président Félix-Antoine Tshisekedi y a réaffirmé l’ambition du pays de devenir un acteur central de l’économie africaine et mondiale, en particulier à travers la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF) et le secteur des minerais critiques.
La délégation congolaise a multiplié les rencontres de haut niveau, posant des jalons concrets pour l’intégration continentale, la transformation locale des ressources et l’innovation technologique.
ZLECAF et digitalisation : un levier pour la jeunesse africaine
La RDC a participé dès l’aube à une task force de haut niveau réunissant des partenaires financiers internationaux autour du Secrétaire Général de la ZLECAF, Wamkele Mene. L’objectif était de suivre la mise en œuvre effective de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine, dont le marché potentiel dépasse 1,4 milliard de consommateurs.
La digitalisation et l’intelligence artificielle (IA) ont dominé les discussions. Loin d’être perçues comme une menace pour l’emploi, ces technologies ont été présentées comme un moyen inédit pour la jeunesse africaine de réaliser un saut technologique (leapfrogging). Parmi les applications concrètes, se trouvent :
– L’impact économique : une étude a montré que l’IA pourrait injecter 1 200 milliards de dollars supplémentaires dans le PIB africain d’ici 2030 ;
– L’agriTech : utilisation de smartphones pour prédire les récoltes et diagnostiquer les maladies agricoles, améliorant la sécurité alimentaire ;
– La santé : déploiement d’algorithmes pour pallier le déficit de spécialistes médicaux dans les zones reculées.
Ces innovations font partied’ une stratégie de développement durable, où la technologie devient un moteur de croissance inclusive et un levier pour la compétitivité de la RDC sur le continent.
Coopération RDC – ZLECAF : trois avancées concrètes
Lors des échanges avec le Secrétaire Général de la ZLECAF, la RDC a porté trois priorités notamment :
– La souveraineté financière : installation à Kinshasa du bureau africain devant héberger le Système Panafricain de Paiement et de Règlement (PAPSS), facilitant les transactions intra-africaines ;
– Les infrastructures frontalières : mobilisation de financements pour moderniser les postes frontaliers entre la RDC et la Zambie, améliorant ainsi le commerce transfrontalier ;
– Le leadership politique : proposition de créer un sous-comité de Chefs d’État chargé du suivi rapproché de la mise en œuvre de la ZLECAF.
Ces initiatives traduisent l’ambition du pays d’être un acteur moteur de l’intégration africaine et un partenaire fiable pour les bailleurs internationaux.
Minerais critiques et transformation locale : le pacte de prospérité de Félix Tshisekedi
La journée s’est conclue par une table ronde sur les minerais critiques, secteur stratégique pour la transition énergétique mondiale. Le Président Tshisekedi a réaffirmé trois piliers de l’engagement congolais :
– Sécurité des approvisionnements : diversification et investissement massif dans l’exploration de nouveaux gisements pour sécuriser l’offre sur le marché international ;
– Valeur ajoutée locale : transformation systématique des minerais sur le sol congolais pour générer plus de richesse et créer des emplois ;
– Innovation : modernisation des outils financiers et industriels liés à l’extraction et à la commercialisation des minerais.
« L’Afrique n’est plus seulement prête à être entendue ; elle est prête à bâtir », a lancé le Chef de l’Etat.
Cette déclaration positionne la RDC non seulement comme fournisseur de matières premières, mais aussi comme acteur clé capable de structurer et d’orienter la chaîne de valeur des minerais critiques, notamment le cobalt, au service du développement durable et de la prospérité locale.
La RDC, un « pays-solutions » à l’échelle mondiale
En marge du Forum, la RDC a présenté ses initiatives dans le cadre de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique, avec l’initiative « Couloir vert Kivu-Kinshasa ».
Le pays se positionne également comme un acteur central de la gouvernance minière, de la transparence et de la traçabilité des minerais.
La participation de la RDC à Davos 2026 démontre une stratégie diplomatique et économique ambitieuse d’attirer des investissements dans un environnement sécurisé, valoriser les ressources locales, renforcer la gouvernance et promouvoir des partenariats gagnant-gagnant, tout en mettant les communautés locales au cœur du développement.
Lydia Mangala


