Formateur en intelligence artificielle générative et spécialiste du prompt engineering, Félix Malu a livré une intervention saisissante, à la fois pédagogique et critique, sur l’usage croissant des IA dans notre société.
À ses yeux, l’IA n’est ni ennemie ni messie : elle est un révélateur. Mieux encore, elle agit comme un miroir grossissant de nos forces mais surtout de nos failles.
Avec une approche claire et accessible, il a exploré les bénéfices, les dangers et les enjeux éthiques et cognitifs liés à l’utilisation de l’IA, en particulier dans les sphères éducative, professionnelle et sociale.
« En réalité, cela fait longtemps que vous utilisez l’IA sans forcément la reconnaître. »
Un outil révolutionnaire mais à double tranchant
Pour Félix Malu, l’IA générative n’est pas une simple mode, mais une rupture technologique comparable à celle de l’imprimerie ou d’Internet.
Présente dans nos téléphones, sur nos réseaux sociaux et nos plateformes de streaming, elle crée du contenu, automatise des tâches, et peut accroître notre productivité, notre créativité et notre capacité d’apprentissage.
Mais cet apport a un revers :
« Plus vous utilisez une IA générative, plus vous prenez le risque de la laisser penser à votre place. »
Parmi les dérives observées, il cite :
– L’érosion des capacités cognitives
– La dépendance intellectuelle, surtout chez les jeunes
– La perte d’autonomie chez les adultes
– Les hallucinations et la désinformation
– La malhonnêteté académique et le plagiat facilité
L’IA ne pense pas, elle calcule

L’intervenant insiste sur une vérité essentielle : l’IA ne réfléchit pas. Elle génère des réponses à partir de corrélations statistiques, sans compréhension du sens ni du contexte.
« Si vous croyez que ChatGPT est infaillible, vous perdez votre autonomie intellectuelle. »
Selon lui, le véritable danger n’est pas l’IA elle-même, mais l’illusion qu’elle pense pour nous.
Cette illusion mène à une atrophie de la pensée critique, à une passivité intellectuelle préoccupante, surtout si l’utilisateur n’est pas éduqué à la vérifier, à recouper, à douter.
Ce n’est pas l’IA le problème, c’est nous

Félix Malu pousse la réflexion plus loin, au-delà de la technologie. Il pointe une crise de l’éducation, bien antérieure à l’arrivée de l’intelligence artificielle.
« L’IA est comme l’argent : elle ne transforme pas les hommes, elle les amplifie. »
« Elle révèle les symptômes, mais elle n’est pas la maladie. »
À ses yeux, le cœur du problème est une éducation défaillante, scolaire, parentale, sociale, qui ne forme plus des esprits rigoureux, critiques, autonomes.
Il souligne que l’IA ne fera que révéler et accentuer les lacunes de ceux qui ne sont pas formés à l’utiliser intelligemment.
Vers une éthique de l’usage responsable

La solution, selon lui, ne réside ni dans le rejet de la technologie, ni dans son adoption aveugle, mais dans un encadrement éducatif rigoureux et une formation au discernement.
« L’intelligence artificielle fait désormais partie de notre quotidien. Le véritable enjeu est de savoir comment l’intégrer de manière responsable et éclairée. »
Il conclut en appelant à un éveil collectif, à une responsabilisation, et à un engagement plus fort dans la refondation de l’éducation, pour former des humains capables de coexister avec la technologie sans en devenir esclaves.
Lydia Mangala


