Au lendemain de la journée « ville morte » organisée à l’appel d’une partie de l’opposition et de la société civile pour protester contre un éventuel changement de la Constitution, les divergences d’appréciation persistent entre le pouvoir et les initiateurs de l’initiative.
Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, a estimé mercredi que l’opération n’avait pas produit les effets escomptés. Selon lui, les activités économiques et la circulation sont restées globalement normales dans la capitale congolaise.
S’exprimant à Kinshasa, il a soutenu que les initiateurs de cette action avaient tenu compte de la tenue des examens de fin d’études primaires, plusieurs établissements scolaires étant actuellement utilisés comme centres d’examen.
« Ils avaient fait leurs calculs en tenant compte de l’absence des écoliers dans les établissements scolaires. Malgré cette situation, leur mot d’ordre a échoué », a déclaré le responsable du parti présidentiel.
Augustin Kabuya a également annoncé que l’UDPS entend désormais soutenir toute initiative en faveur du président de la République, qu’elle émane de la société civile, d’acteurs politiques ou de responsables religieux.
À l’inverse, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales (C64), regroupant plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile, revendique une « victoire politique significative » à l’issue de cette journée de mobilisation.
Dans une déclaration publiée mercredi, la coalition affirme que l’adhésion observée dans plusieurs localités du pays constitue un signal fort adressé aux autorités concernant le débat sur la révision ou le changement de la Constitution.
Le C64 estime que cette mobilisation traduit la volonté d’une partie de la population de préserver les acquis démocratiques et de s’opposer à toute réforme constitutionnelle ne bénéficiant pas d’un consensus national.
La plateforme appelle les autorités à prendre en compte les préoccupations exprimées par les citoyens et réaffirme sa détermination à poursuivre des actions qu’elle juge nécessaires pour défendre l’ordre constitutionnel en vigueur.
L’opération « ville morte » avait été lancée pour protester contre un éventuel projet de changement de la Constitution, une perspective qui continue de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise.
En l’absence de données indépendantes permettant de mesurer précisément l’ampleur de la mobilisation, chaque camp maintient sa lecture des événements, illustrant les profondes divergences qui entourent le débat constitutionnel en République démocratique du Congo.

Joëlle Luniongo


