Depuis son entrée en fonction en juin 2024, la Ministre d’État, Ministre de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, imprime un nouveau souffle au système éducatif de la République démocratique du Congo.
À travers un portefeuille ambitieux de réformes, elle entend bâtir une école plus inclusive, moderne et résiliente, plaçant à la fois l’apprenant, l’enseignant et la citoyenneté au cœur du changement.
Un socle stratégique rénové
La Stratégie Sectorielle de l’Éducation et de la Formation (SSEF 2016-2025) a posé les bases d’un système éducatif inclusif et orienté vers la qualité. Mais c’est avec l’avènement du Gouvernement Suminwa I que la réforme a connu une véritable accélération, grâce à l’élaboration du Plan Quinquennal 2024-2029.
Ce plan incarne une vision tournée vers l’équité, l’innovation et la modernisation, avec pour ambition de faire de l’éducation un levier central du développement national. Il s’agit d’un cadre global qui ne se contente pas de corriger les faiblesses du passé, mais qui repense le système pour l’adapter aux réalités actuelles et futures.
L’enseignant au centre de la transformation
Dans cette dynamique, la professionnalisation des enseignants occupe une place primordiale.
La Politique Nationale de Formation Continue des Enseignant(e)s du Secondaire (PNFCES) 2025-2029 érige désormais la formation continue en droit et en devoir, créant un lien direct entre perfectionnement professionnel, progression de carrière et qualité des apprentissages.
Cette réforme, confiée à l’Inspection Générale à travers le SERNAFOR, ambitionne d’harmoniser les pratiques pédagogiques à l’échelle nationale et provinciale, tout en intégrant les technologies numériques.
L’enseignant cesse d’être un simple transmetteur pour devenir un acteur central de la transformation éducative.
Améliorer l’expérience scolaire des élèves
La ministre Raissa Malu ne limite pas ses priorités à la formation du corps enseignant. Elle s’attaque également aux conditions de vie et d’apprentissage des élèves.
La Stratégie Nationale de l’Alimentation Scolaire (2025-2030) constitue un tournant majeur en garantissant un repas quotidien issu de la production locale, elle lutte contre la faim en milieu scolaire, améliore la rétention des élèves et renforce leurs résultats d’apprentissage.
L’alimentation scolaire est désormais envisagée comme un pilier de justice sociale et de performance éducative, intégrée dans une approche multisectorielle où l’État, les partenaires techniques et financiers et le secteur privé collaborent pour assurer pérennité et qualité.
Un système éducatif résilient face aux crises
Dans un pays régulièrement exposé aux crises humanitaires et sécuritaires, l’éducation doit être protégée.
La Stratégie de l’Éducation et de la Formation en Situation d’Urgence (SEFSU) 2025-2029 en est la réponse. Elle garantit la continuité de l’apprentissage, la protection des enfants et l’adaptation des contenus même en temps de crise.
Espaces temporaires, appuis psychosociaux, gouvernance renforcée, cette stratégie blinde le système éducatif pour que les acquis des autres réformes ne soient pas anéantis par des chocs externes.
Gouvernance et intégrité au cœur des réformes
L’une des grandes batailles de Raïssa Malu est la rationalisation de la gouvernance éducative. La réforme des Bureaux Gestionnaires s’attaque à la prolifération anarchique et aux chevauchements administratifs qui freinaient l’efficacité et favorisaient la corruption.
En imposant des critères stricts de création et une procédure claire de validation, le ministère restaure la transparence et optimise l’utilisation des ressources.
Cette rationalisation administrative est une pierre angulaire pour consolider la gratuité de l’enseignement primaire et assurer sa viabilité.
Sécuriser et moderniser l’offre éducative
À cette réforme de fond s’ajoute la publication d’un Manuel de Procédure de Création et d’Agrément des Établissements Scolaires, destiné à mettre fin à l’existence d’écoles illégales ou à l’agrément frauduleux.
Désormais, toute création d’école doit suivre un processus rigoureux de validation multi-niveaux, garantissant que seules des institutions viables, disposant d’infrastructures adéquates et de personnel qualifié, puissent exister.
Ce mécanisme assainit le périmètre scolaire et sécurise l’avenir des élèves contre les pratiques de marchandisation de l’éducation.
Vers une évaluation transparente et crédible
La réforme de l’Examen d’État illustre la volonté d’ancrer l’éducation congolaise dans la modernité.
Grâce à l’intégration de l’intelligence artificielle dans la correction et la délocalisation des centres de correction, les résultats sont désormais rapides, équitables et transparents.
La plateforme diplome.cd, fondée sur la technologie Blockchain, permet de délivrer des diplômes numériques sécurisés, mettant un terme au fléau des faux diplômes et rehaussant la crédibilité internationale du système congolais.
L’institutionnalisation de l’Enseignement à Distance
Dans la même logique d’inclusion et de résilience, le Ministère a officialisé l’Enseignement à Distance (EAD). Ce dispositif couvre les élèves des zones reculées, ceux en situation de handicap ou encore ceux affectés par des crises et des déplacements forcés.
Avec un modèle hybride mêlant plateformes numériques, programmes radiophoniques et télévisés, ainsi que supports imprimés, l’EAD permet d’assurer une continuité éducative équitable et certifiée, même hors des salles de classe.
Une vision intégrée et durable
Ce portefeuille de réformes traduit une conviction claire de la Ministre Raïssa Malu que l’éducation n’est pas une succession de politiques isolées mais un système intégré, où chaque réforme renforce les autres.
La formation des enseignants, la sécurisation des écoles, la numérisation des diplômes, l’alimentation scolaire et l’EAD constituent les maillons d’une même chaîne, pensée pour donner aux élèves congolais les meilleures chances de réussir et pour préparer la RDC aux défis du 21ᵉ siècle.
En plaçant la citoyenneté, la transparence et la modernité au cœur de ses réformes, la ministre redéfinit la place de l’éducation comme socle de la nation.
« Nous sommes l’éducation nationale, nous préparons l’avenir de nos enfants, nous construisons la nation », a-t-elle résumé.
Lydia Mangala


