Dans le cadre de la mise en œuvre de son plan d’action communautaire, Déborah Nyamugabo a conduit une activité de terrain, le vendredi 23 janvier 2026, visant à renforcer le leadership féminin et la démocratie participative. Cette initiative s’inscrit dans les actions de son organisation The Future, à la suite de la formation She Leads – Module 1, bénéficiant de l’appui technique de IFES et du soutien financier du FCDO.
L’atelier consacré à la participation politique des femmes en République démocratique du Congo, avec comme thème « l’importance et les modalités de la participation des femmes et des jeunes femmes au processus électoral en République Démocratique du Congo (RDC), ainsi que sur le renforcement de leur leadership politique »; a été marqué par une intervention croisée, à la fois engagée et pédagogique.
Deborah Nyamugabo, figure de proue de She Leads, a posé les bases d’une réflexion contemporaine, enrichie par l’éclairage historique de Maître Pacifique sur le long combat des femmes congolaises pour la reconnaissance pleine et entière de leurs droits.
Pour Déborah Nyamugabo, cette activité symbolise un tournant décisif : celui du passage de la théorie à l’action concrète. « Une formation, c’est bien. La mise en pratique, c’est l’impact », résume-t-elle, insistant sur la nécessité de traduire les acquis en engagements tangibles au service des communautés.
L’objectif principal de la rencontre était de motiver les femmes et de consolider leur compréhension du processus électoral. Si la motivation était déjà présente, cette initiative a permis d’aller plus loin.

« Avant, elles avaient la motivation. Aujourd’hui, elles ont la vision, détiennent les outils et renforcent la confiance », souligne l’initiatrice du projet.
À travers cette démarche, Déborah Nyamugabo réaffirme une conviction forte : lorsque les femmes sont correctement outillées, elles deviennent de véritables vecteurs de transformation sociale.
« Quand les femmes sont outillées, elles transforment leur communauté », rappelle-t-elle, avant de conclure par un message sans équivoque : « Former une femme, c’est investir dans une démocratie plus inclusive ».
Cette action illustre ainsi l’importance d’un leadership féminin ancré dans la pratique, capable de renforcer la participation citoyenne et de contribuer durablement à la consolidation démocratique.
Participation politique des femmes en RDC : un héritage de luttes au cœur d’un atelier citoyen
L’expert en participation politique et leadership féminin, Maître Pacifique Nkunzi, a structuré son exposé autour de quatre points majeurs, suscitant un débat constructif à chaque étape :
1. Historique de la participation électorale des femmes en RDC : Retour sur l’évolution de leur engagement.
2. Rôle des femmes et des jeunes dans le processus électoral : Détail des contributions attendues à toutes les phases, incluant les réformes, le cadre légal, la planification, l’enrôlement, la formation, la sensibilisation, l’observation, l’éducation civique, le dépôt des candidatures, la campagne, les scrutins, la compilation des résultats et l’évaluation. L’importance de leur rôle dans l’établissement d’un leadership féminin solide a été soulignée.
3. Droits électoraux des femmes et fondements de la démocratie : Présentation schématique et structurée des droits électoraux des femmes. Une discussion animée a eu lieu autour de la définition de la démocratie d’Abraham Lincoln (« du peuple, par le peuple, pour le peuple ») et du rôle essentiel des jeunes leaders communautaires et étudiants dans la consolidation démocratique et la participation électorale.
4. Enjeux sociologiques et stéréotypes : Abordage des stéréotypes dont sont victimes les femmes et jeunes femmes, notamment la question de la maternité, qui peuvent entraver leur participation électorale.
Durant son exposé, Maître Pacifique Nkunzi a rappelé que la participation politique des femmes est solidement ancrée dans le cadre constitutionnel de la RDC, notamment à travers les articles 12 et 14 de la Constitution. Il a mis en lumière deux formes majeures de ségrégation ayant historiquement freiné l’engagement des femmes dans la sphère publique : la ségrégation horizontale, liée aux traditions et croyances assignant aux femmes des rôles secondaires, et la ségrégation verticale, fondée sur une hiérarchisation sociale limitant leur accès aux instances de décision.
Ces barrières ont longtemps été renforcées par des mécanismes d’exclusion électorale, tels que les « fautes capacitaires » et « fautes censitaires », qui ont contribué à écarter de nombreuses femmes du processus démocratique. Insistant sur l’importance de la mémoire collective, Maître Pacifique a souligné la nécessité de transmettre cette histoire aux jeunes générations afin de les sensibiliser à leurs droits et responsabilités citoyennes. Il a rappelé que la première participation des femmes congolaises au vote remonte à 1967, à la suite de résolutions déterminantes pour leur engagement politique.
L’intervention a également permis de détailler les différentes étapes du processus électoral de la planification à l’évaluation post-électorale en soulignant que chacune d’elles est essentielle pour garantir la transparence, l’équité et la crédibilité des scrutins.

Conçu comme un espace d’échanges interactifs, l’atelier a favorisé un dialogue ouvert entre intervenants et participantes. Les témoignages partagés ont mis en avant des parcours inspirants, illustrant la capacité à surmonter les obstacles et à s’imposer dans des environnements souvent peu favorables.
Les participantes ont exprimé un enthousiasme manifeste. Kethia Malutshi, étudiante à l’Unisic, a qualifié l’atelier de « très enrichissant » et plaidé pour la multiplication de telles initiatives car selon elle, il est important d’allonger la durée des ateliers, Jugés très utiles, surtout pour de nombreux jeunes leaders communautaires découvrant ces sujets pour la première fois.
Tout en continuant d’approfondir l’historique des élections, pour une meilleure compréhension des jeunes des origines et de la direction du processus électoral.
Pour Kasanzinga Princilia, étudiante en médecine, a salué l’éloquence de Deborah Nyamugabo et l’importance d’éveiller la conscience politique des jeunes filles.
De son côté, Déborah Prossi, étudiante en économie, a encouragé l’organisation régulière de formations destinées à renforcer l’engagement politique des jeunes femmes. Et, organiser une session sur les systèmes électoraux et de rappeler Maître Pacifique pour présenter un module sur les systèmes électoraux et le seuil électoral, afin de préparer les jeunes aux futures réformes de la loi électorale.
Fait notable, les hommes présents ont également soutenu l’idée d’une participation accrue des femmes au processus électoral, insistant sur la nécessité de bâtir un environnement inclusif et équitable.
Engagements des jeunes participants :À l’issue
Des jeunes se sont engagés sur trois points majeurs :
Partager les connaissances acquises : Diffuser les acquis de l’atelier et perpétuer le processus d’IFES.
Développer le leadership : Contribuer à l’émergence d’un leadership fort en milieu universitaire et communautaire.
Préparer activement la réussite électorale : Reconnaître que le succès aux élections se prépare et s’engager dans cette préparation.
Au terme de cette séance, les participantes sont reparties avec une meilleure compréhension de leur rôle et de leurs responsabilités dans la vie électorale congolaise, déterminées à s’engager activement pour une démocratie plus inclusive, participative et représentative.
Joelle Luniongo


