C’est du 22 au 24 avril 2026 que se tient la 9ᵉ édition de la Semaine française de Kinshasa (SFK), un rendez-vous désormais incontournable pour le dialogue économique entre la République démocratique du Congo et la France. Placée sous le thème « RDC–France : perspectives partagées », cette édition marque un retour remarqué après une année blanche en 2025 pour redynamiser les relations économiques bilatérales.
Au cœur de cette dynamique, Rémi Maréchaux n’a pas caché l’importance stratégique de cet événement. Pour le diplomate français, la SFK constitue un levier concret pour renforcer la présence économique française sur le sol congolais et rapprocher davantage les deux écosystèmes d’affaires.

« C’est d’autant plus important que de nombreuses entreprises françaises connaissent encore insuffisamment la RDC et son vaste marché », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de mieux faire découvrir le potentiel congolais aux investisseurs français.
Selon lui, certaines entreprises sont déjà implantées, mais beaucoup d’autres viennent avant tout pour explorer, tester et identifier des partenaires locaux.
Dans son intervention, l’ambassadeur a dressé un état des lieux sans détour de la présence économique française en RDC. Avec environ 65 entreprises implantées, représentant près de 8 milliards de dollars d’investissements et environ 5 000 emplois directs, le bilan reste significatif, mais encore insuffisant au regard du potentiel du pays. À titre comparatif, il a rappelé que la France compte près de 700 entreprises en Côte d’Ivoire et environ 140 au Kenya, illustrant ainsi la marge de progression en RDC.
« Notre ambition est de renforcer notre présence économique car elle n’est pas actuellement à la hauteur ni du potentiel ni de notre familiarité réciproque », a-t-il insisté, évoquant notamment la langue française et le rôle stratégique de la diaspora congolaise en France comme pont naturel entre les deux pays.

Cette édition 2026 se distingue également par la participation d’une délégation de 25 entreprises françaises, conduite par le MEDEF International, traduisant un intérêt croissant du secteur privé français pour le marché congolais et qui pourrait préfigurer une nouvelle phase de coopération économique.
Dans cette perspective, Aurélien Taché et Vincent Ledoux, également présents à Kinshasa, ont été mandatés pour réfléchir aux contours d’un futur accord de partenariat économique entre les deux pays. Une démarche qui, selon Rémi Maréchaux, entre dans une convergence d’intérêts et une reconnaissance des opportunités qu’offre la RDC.
Le diplomate a notamment mis en avant le rôle stratégique du pays dans les enjeux globaux, notamment en matière de lutte contre le changement climatique, de préservation du bassin du Congo et de transition énergétique. Il a évoqué l’intérêt de la France à accompagner des projets structurants tels que le développement du couloir vert ou encore le projet Inga III, tout en soutenant la transformation locale des ressources minières.
Organisée par la Chambre de commerce et d’industrie franco-congolaise, en collaboration avec l’ambassade de France en RDC, la Semaine française de Kinshasa continue de s’imposer comme une plateforme stratégique de rencontres et d’opportunités. Elle offre aux acteurs économiques un espace privilégié pour nouer des partenariats, explorer de nouveaux marchés et réfléchir aux défis et perspectives de l’économie congolaise.
Depuis son lancement en 2014, la SFK s’est progressivement affirmée comme un véritable catalyseur de coopération économique entre les deux pays. Et à en croire les ambitions affichées cette année, elle pourrait bien ouvrir la voie à une nouvelle étape dans la relation franco-congolaise, plus dynamique, plus structurée et résolument tournée vers l’avenir.
Lydia Mangala


