Lors de la célébration anticipée de la Journée Internationale des Droits de la Femme, ce mercredi 4 mars 2026, sur le campus de l’Université Catholique de l’Archidiocèse de Kinshasa « Omnia Omnibus », le Dr Christelle Lumbu Banza a captivé l’auditoire avec une intervention passionnée sur le rôle de la femme dans la santé de la faune sauvage. Sous le sous-thème « De la médecine vétérinaire à la primatologie », cette primatologue et spécialiste en santé des bonobos a démontré comment l’expertise scientifique peut se transformer en justice sociale et en action concrète pour la société et l’environnement.
Dans son allocution, Christelle Lumbu a dressé un tableau saisissant de la complexité de sa discipline.
« Imaginez un instant que la médecine soit entièrement dédiée aux animaux de compagnie ou aux animaux de la ferme. La réalité est beaucoup plus complexe : soigner un cheval malade à 3 heures du matin, faire face à des urgences sanitaires, ou anticiper les maladies qui affectent à la fois les animaux et les humains, nécessite rigueur, expertise et résilience », a-t-elle expliqué.
Elle a souligné que la santé animale et humaine sont intimement liées, et que chaque décision scientifique a des répercussions directes sur les communautés humaines et sur la préservation des écosystèmes.
Christelle Lumbu a également insisté sur l’importance de la place des femmes dans les sciences.
« Être une femme dans ce domaine, c’est également briser des plafonds de verre et montrer qu’il est possible de transformer la science en justice sociale », a-t-elle déclaré.
Pour elle, la recherche scientifique consiste à transformer des données invisibles en stratégies de prévention, en politiques de santé publique et en protection des plus vulnérables, notamment les femmes, les filles et les animaux.
« Chaque jour, nous découvrons que protéger la biodiversité, c’est aussi protéger la santé des communautés et des générations futures », a-t-elle mis en avant la dimension sociale et éthique de son métier.
En valorisant la contribution féminine à la science, Christelle Lumbu a rappelé que la justice et l’égalité passent par la reconnaissance des compétences et par l’accès des femmes à toutes les sphères de la recherche et de la prise de décision.
« Comme le rappelle France Kombi, ingénieure congolaise : les femmes doivent être au cœur de la recherche, car elles portent la responsabilité de la santé des familles et de l’écosystème », a-t-elle cité.
Elle a conclu son intervention en rappelant que la responsabilité des femmes scientifiques est triple : protéger les animaux, garantir la justice pour les femmes et les filles, et transformer la science en solutions concrètes pour un avenir durable.
Son allocution a été un appel à reconnaître l’importance des femmes dans les sciences et à considérer la santé de l’environnement et des populations comme un tout indissociable. Son message, à la fois scientifique et profondément humaniste, a rappelé que soutenir les femmes dans la recherche, c’est investir dans un monde plus juste et plus sain pour tous.
Lydia Mangala


