Quand, dans la nuit du 04 au 05 avril, des pluies diluviennes ont frappé Kinshasa, c’est d’abord le bilan humain qui a retenu l’attention : des vies perdues, des familles dévastées, et des milliers de sinistrés en quête d’un toit et d’un minimum de dignité.
Face à cette tragédie, la capitale congolaise a pourtant su déployer une solidarité exemplaire, entre autorités, ONG et citoyens.
Un lourd tribut humain
Les communes de Mont‑Ngafula, Ngaliema et Barumbu ont subi les pertes les plus dramatiques : 23 morts et 46 blessés hospitalisés après que des habitations ont été emportées par des torrents furieux
À Limete, Matete et Masina, les crues ont ensuite fait 10 victimes supplémentaires et inondé plus de 200 ménages, laissant des familles sans abri et traumatisées.
Des besoins vitaux gravement compromis
Au‑delà des disparitions humaines, les conséquences ont rapidement touché l’essentiel : coupures d’eau potable, coupures d’électricité, routes impraticables.
Des quartiers entiers sont devenus inaccessibles, compliquant l’acheminement des secours et accentuant la vulnérabilité des populations déjà fragilisées.
Une cellule de crise pour coordonner l’aide
Dès l’aube du 05 avril, le ministère de l’Intérieur et les services provinciaux ont mis en place une cellule de gestion de crise.
Sous l’égide du Vice‑Premier Ministre, Jacquemain Shabani Lukoo, un plan d’évacuation a été déployé, mobilisant ministères, autorités provinciales et équipes d’urgence pour établir un diagnostic des zones sinistrées et organiser l’acheminement de vivres, d’eau et de matériel de première nécessité.
Mobilisation des forces de sécurité et de secours
Le dimanche 06 avril, une réunion d’urgence a rassemblé police, protection civile et armée pour sécuriser les sites inondés et encadrer l’évacuation des sinistrés.
La Direction générale de la Migration et la Régie des voies fluviales ont assuré le transfert des familles vers des lieux sûrs, tandis que la Douane a facilité l’acheminement des dons internationaux.
Quatre refuges pour les sinistrés
Pour répondre à l’urgence, quatre centres d’accueil ont été ouverts :
– Institut Lumumba : 115 familles hébergées avec cantines et espaces de couchage.
– Kitomesa (N’Djili) : 100 ménages pris en charge dans des salles polyvalentes.
– Kimwenza : 70 familles accueillies dans des conditions sanitaires garanties.
– Stade Tata Raphaël : prêt à recevoir un afflux supplémentaire si nécessaire.
Renfort de la société civile et des ONG
Associations locales, ONG internationales et simples citoyens ont afflué avec des dons de vivres, kits d’hygiène, couvertures et soutien psychologique.
Cette mobilisation a permis de combler rapidement les besoins urgents et de soulager la détresse des plus vulnérables.
Perspectives : prévenir pour mieux protéger
Alors que le pire semble passé, le Gouvernement insiste sur l’impératif d’anticipation : renforcement des réseaux de drainage, sensibilisation des riverains aux risques, et planification urbaine résiliente.
Le défi est de transformer cette crise humanitaire en opportunité pour bâtir une Kinshasa plus sûre et solidaire face aux caprices climatiques.
Lydia Mangala


