Le Ministère des Mines de la République démocratique du Congo durcit le ton face aux opérateurs miniers.
Dans une correspondance officielle signée par Louis Watum Kabamba, Ministre des Mines, les entreprises minières actives sur le territoire national sont formellement sommées de justifier, dans les plus brefs délais, la constitution effective de la sûreté financière destinée à la réhabilitation de l’environnement.
Cette mesure prend la forme d’un moratoire administratif fondé sur les dispositions du Code minier et du Règlement minier en vigueur. Elle vise à rappeler, avec fermeté, l’obligation légale qui incombe aux sociétés minières de garantir, à travers des mécanismes financiers tangibles, la restauration des sites affectés par leurs activités extractives.
Responsabilité environnementale : une exigence non négociable
Dans sa note, le Ministère précise que toutes les entreprises concernées doivent transmettre, sans exception :
• les plans environnementaux dûment approuvés pour l’ensemble de leurs projets miniers ;
• les preuves de constitution de la sûreté financière de réhabilitation couvrant la période allant du démarrage des activités jusqu’au 31 décembre 2025.
La date butoir pour le dépôt de ces documents est fixée au 16 février 2026. Les dossiers devront être transmis soit par voie électronique, soit déposés physiquement au Cabinet du Ministre, à Kinshasa/Gombe.
Vers un assainissement durable du secteur extractif
À travers cette initiative, l’État congolais réaffirme sa volonté de renforcer la gouvernance du secteur minier et de mettre un terme aux pratiques d’exploitation qui laissent derrière elles des passifs environnementaux lourds, au détriment des communautés locales et des écosystèmes.
Pour plusieurs observateurs, ce moratoire constitue un tournant décisif dans la régulation du secteur extractif. Il consacre la montée en puissance de l’exigence de redevabilité environnementale et place les gouverneurs de provinces ainsi que les divisions provinciales des Mines et de la Géologie au cœur du dispositif de contrôle et de suivi.
Un avertissement clair aux opérateurs miniers
Le message du Ministère des Mines est sans équivoque : l’exploitation des ressources naturelles de la RDC ne saurait se faire sans une prise en charge responsable et anticipée des impacts environnementaux. Toute entreprise défaillante s’exposera aux sanctions prévues par la loi.
En érigeant la sûreté financière de réhabilitation en pilier central de l’action publique, le gouvernement congolais pose les bases d’un secteur minier plus responsable, plus transparent et résolument orienté vers le développement durable.
Joséphine Mawete


