Le stade de Kamalondo a été le théâtre de scènes de désolation ce dimanche 8 mars 2026. Dans un choc qui devait être la fête du football congolais entre le TP Mazembe et le FC Saint-Éloi Lupopo a viré au cauchemar, laissant derrière lui un bilan matériel lourd et une direction des Corbeaux meurtrie.
L’ambiance était électrique, mais l’électricité a rapidement court-circuité le fair-play. Dans une mise au point cinglante rendue publique ce lundi 9 mars 2026, le TP Mazembe n’a pas mâché ses mots pour décrire une rencontre qui n’aura tenu que 45 minutes avant de sombrer.
Selon les officiels du club lushois, les hostilités ont débuté dès l’entame de match. Des projectiles ont plu sur l’arbitre assistant et les joueurs, forçant l’arbitre central à hacher la rencontre par des interruptions répétées. Le communiqué pointe directement du doigt le comportement des supporters des Cheminots de Lupopo, accusés d’avoir instauré un climat de violence caractérisé dès les premières minutes.
C’est pourtant durant la pause que l’irrationnel a pris le pas sur le sportif. Le TP Mazembe dénonce un envahissement de terrain par des « hordes de supporters » adverses. Le récit de la direction des Corbeaux frise l’indécence.
« Des supporters de Lupopo ont envahi la pelouse pour se livrer à des pratiques fétichistes dans les buts du TP Mazembe, poussant l’indécence jusqu’à uriner dans la cage du gardien. », dénonce le TP Mazembe. Ces actes, perçus comme une profanation de l’enceinte sportive, ont été le point de non-retour.
Au retour des vestiaires, l’occupation massive de l’aire de jeu a rendu toute reprise impossible, scellant l’arrêt définitif de ce derby de la Linafoot. Bilan ? En fait , les affrontements entre fanatiques des deux camps qui ont suivi ont transformé le joyau de Kamalondo en un véritable champ de bataille. Le bilan dressé par le TP Mazembe est alarmant. Plus de 500 sièges littéralement arrachés des tribunes, des véhicules caillassés à l’intérieur même de l’enceinte, des grilles de séparation et des installations techniques lourdement endommagées. Plusieurs blessés signalés parmi les spectateurs et les personnels.
L’indignation du TP Mazembe est d’autant plus vive que le stade de Kamalondo est actuellement la seule infrastructure du pays homologuée par la CAF et la FIFA pour accueillir des compétitions internationales. Alors qu’une rencontre africaine majeure doit s’y tenir dans quelques jours, ces dégradations mettent en péril l’image du football congolais. Le club assure que chaque acte a été immortalisé par les caméras de surveillance et les équipes de presse. Un constat contradictoire a déjà été effectué avec les délégués de la Linafoot et la Police nationale congolaise (PNC).
En conclusion de sa déclaration, le club de Moïse Katumbi appelle à une justice ferme d’identification des coupables, sanctions sportives et civiles, et surtout, réparation intégrale des préjudices matériels. « Le football ne saurait être transformé en champ de ruines », rappelle la direction, espérant que ce triste épisode serve de détonateur pour un assainissement définitif des tribunes congolaises.
Après ces incidents, des dégradations importantes ont été signalées au sein de l’enceinte de Kamalondo. Face à la gravité des faits, la ligue nationale de football ( Linafoot) n’a pas tardé à réagir. Par un communiqué officiel publié dans la foulée le même jour, le Secrétariat National de la Linafoot a annoncé des mesures conservatoires strictes.
« Suite aux incidents survenus lors du match TP Mazembe vs FC St Éloi Lupopo, le résultat de ce match est suspendu jusqu’à l’examen des rapports des officiels dudit match. », avait d’ailleurs écrit la Linafoot quelques heures après ces incidents.
Josaphat Mayi


