À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée le jeudi 5 juin 2025 sous le thème « Mettre fin à la pollution plastique », le gouvernement congolais a annoncé la sanctuarisation de la baie de Ngaliema, située à l’ouest de Kinshasa.
Lors d’une cérémonie présidée par la ministre d’État, ministre de l’Environnement et du Développement durable, Ève Bazaiba, il a été souligné que ce geste vise à lutter contre le réchauffement climatique, à préserver un écosystème fragile et à réaffirmer l’identité naturelle de la capitale.
Un écosystème menacé par l’urbanisation illégale

La baie de Ngaliema, dont l’étendue marécageuse borde la concession de UtexAfrica au fil du fleuve Congo, constitue un espace de reproduction pour plusieurs espèces aquatiques et un refuge pour des mammifères tels que les hippopotames.
Lors de son allocution, Ève Bazaiba a rappelé qu’il s’agit d’un « écosystème fragile, mais vital », aujourd’hui menacé par les constructions illégales qui grignotent peu à peu ce milieu naturel.

Selon la ministre, la sanctuarisation s’inscrit dans l’optique de la végétalisation des espaces urbains, une démarche nécessaire pour atténuer les effets du changement climatique et restaurer la biodiversité au cœur de la ville.
Elle a précisé qu’un projet de restauration impliquera la plantation de quinze hectares d’essences endémiques et exotiques, dont les emblématiques palmiers Malebo qui, autrefois, caractérisaient le paysage de Kinshasa.
Le rôle central du partenariat public-privé

Dans son discours, la ministre d’État a salué la contribution de la société Texaf et de son ASBL Texaf Bilembo pour leur collaboration dans la protection de la baie de Ngaliema.
Jean-Philippe Waterschoot, directeur général de Texaf, a rappelé que depuis 2017, un partenariat public-privé lie Texaf à l’État congolais afin de garantir la préservation de la parcelle cadastrée n° 41072 de la commune de Ngaliema.
Il a souligné que les tentatives de spoliation de cette zone, notamment en 2022, ont nécessité l’intervention des plus hautes autorités du pays.
Pour lui, cet espace marécageux, submergé plusieurs mois par an, constitue une aire de frayère naturelle pour de nombreuses espèces.
Il a également salué l’intervention décisive de la ministre Ève Bazaiba pour faire porter le dossier de sanctuarisation devant le Conseil des ministres, estimant que cette avancée représente un tournant pour la protection environnementale à Kinshasa.
Un cadre juridique renforcé contre les occupations illégales

L’un des aspects les plus concrets de cette mesure concerne la démolition imminente des constructions anarchiques qui prolifèrent sur les berges de la baie.
Le ministre provincial de l’Environnement de la ville de Kinshasa, Léon Mulumba, a confirmé que, conformément aux instructions du gouverneur, ces bâtis illégaux seront démantelés à compter du 7 juin.
L’objectif est de mettre fin à l’occupation illégale des espaces protégés, de restaurer l’équilibre écologique et de restaurer un accès libre aux rives du fleuve. Cette opération s’inscrit dans la campagne lancée récemment par le gouvernement provincial pour démanteler les constructions sur les zones inondables, les berges fluviales et les espaces verts.
Ainsi, la sanctuarisation ne se limite pas à un simple statut administratif, mais prévoit un dispositif engageant la remise à l’état naturel des sites envahis par l’urbanisation sauvage.
Une vision de long terme pour Kinshasa
La cérémonie de sanctuarisation s’est conclue par un geste symbolique fort : la ministre d’État, Ève Bazaiba, accompagnée d’autorités nationales et de représentants de la concession UtexAfrica, a planté trois palmiers Malebo et un baobab, marquant ainsi le lancement concret du programme de restauration.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme de gouvernance environnementale 2024-2028, porté par le président de la République Félix Tshisekedi et la Première ministre Judith Suminwa, et vise à faire de Kinshasa une métropole verte, respectueuse de son héritage naturel.

Grâce au partenariat avec Texaf Bilembo et à la mobilisation des pouvoirs publics, la baie de Ngaliema devrait retrouver son rôle de poumon écologique pour la capitale, tout en servant de modèle pour la préservation d’autres sites sensibles à travers la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


