Réunis à Kigali du 28 juillet au 2 août 2025 à l’occasion de la 20ᵉ Assemblée plénière du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), les évêques du continent ont renouvelé leur confiance au cardinal Fridolin Ambongo Besungu en le reconduisant pour un mandat de trois ans à la présidence de cette institution ecclésiale majeure.
Archevêque métropolitain de Kinshasa, le cardinal congolais incarne désormais, plus que jamais, le visage d’un leadership pastoral africain engagé, visionnaire et cohérent.
Kigali, carrefour des Églises africaines et creuset d’un nouvel élan continental
La capitale rwandaise a été le théâtre d’une semaine intense de réflexions, de prières et d’échanges fraternels. Plus de 200 délégués venus des quatre coins de l’Afrique et de Madagascar, représentants de conférences épiscopales, d’ordres religieux, de laïcs et d’organismes catholiques, ont répondu à l’appel.
Ce 20ᵉ rendez-vous plénier du SCEAM, tenu sous le signe de l’unité et de la projection pastorale, s’inscrit dans une dynamique de structuration plus forte de l’Église catholique en Afrique, à l’heure où le continent doit faire face à des enjeux cruciaux tels que la pauvreté, la migration, la sécurité, les crises politiques et l’urgence écologique.
La réélection du cardinal Ambongo à la présidence du SCEAM, fruit d’un vote confidentiel et largement consensuel, témoigne de la reconnaissance de ses pairs pour la solidité de son engagement et la pertinence de sa vision dans la gouvernance de l’institution.
Un leadership éprouvé, une vision rassembleuse
Depuis 2022, année de son premier mandat, le cardinal Fridolin Ambongo n’a cessé de porter haut la voix des Églises d’Afrique sur la scène ecclésiale et internationale.
Son action s’est distinguée par la promotion d’une Église africaine synodale, c’est-à-dire participative, tournée vers le peuple de Dieu et enracinée dans ses réalités socioculturelles.
Dans le rapport présenté au cours de l’assemblée, le cardinal a dressé un état des lieux lucide mais porteur d’espoir. Il a salué les progrès réalisés en matière de coordination pastorale, de communication interconférence et de renforcement des capacités locales.
Loin d’une gestion centralisée, son style de gouvernance a encouragé l’appropriation des initiatives pastorales par les Églises locales, dans le respect de leur diversité culturelle.
Son réengagement à la tête du SCEAM est donc perçu comme un gage de continuité, mais aussi comme une opportunité de renforcer davantage l’autonomie et l’influence de l’Église catholique africaine dans un monde en mutation rapide.
Une feuille de route pour les générations futures : cap sur 2050
L’un des moments forts de cette 20ᵉ Assemblée a été l’adoption d’un plan pastoral continental pour les vingt-cinq prochaines années. Structuré autour de douze axes stratégiques, ce document trace les grandes orientations que le SCEAM souhaite donner à l’Église africaine d’ici à 2050.
Ce projet ambitieux repose sur plusieurs priorités : renouveler l’annonce de l’Évangile dans les réalités africaines contemporaines, soutenir l’éducation et la formation des jeunes, renforcer l’influence des femmes dans l’Église, promouvoir une gouvernance éthique, défendre la justice sociale et écologique, et encourager la paix dans les zones de conflit.
Ce programme, à la fois théologique et opérationnel, s’inscrit dans la suite du Synode sur la synodalité voulu par le pape François. Il marque la volonté d’une Église africaine proactive, non seulement sur les enjeux spirituels, mais aussi sur les urgences sociales et politiques du continent.
La jeunesse au cœur des espoirs pastoraux
La clôture de l’Assemblée a été marquée par une célébration eucharistique d’une grande ferveur, au sanctuaire marial de Kibeho, lieu emblématique pour l’Église rwandaise et pour toute l’Afrique.
À cette occasion, plusieurs milliers de jeunes, venus notamment de la RDC et du Rwanda, ont pris part à la messe présidée par le cardinal Ambongo.
Ce moment d’unité spirituelle a été l’occasion de rappeler le rôle capital de la jeunesse dans le devenir de l’Église. À travers son message, le cardinal a invité les jeunes africains à prendre conscience de leur place irremplaçable dans la transformation du continent, à porter l’espérance chrétienne au cœur des réalités de leur temps, et à devenir les bâtisseurs d’un monde plus juste, solidaire et pacifique.
La reconduction du cardinal Fridolin Ambongo à la tête du SCEAM confirme l’émergence d’un leadership africain enraciné, articulant foi, action pastorale, responsabilité morale et plaidoyer pour la dignité humaine.
À travers ce nouveau mandat, l’Église d’Afrique affirme sa volonté de peser dans les débats qui concernent non seulement le devenir de la foi chrétienne sur le continent, mais aussi les grands enjeux de civilisation de notre époque.
Lydia Mangala


