Le football africain vit-il l’un des épisodes les plus rocambolesques de son histoire ? Alors que l’attention mondiale était tournée vers les affiches européennes, un communiqué de la Confédération africaine de football (CAF) est venu doucher les espoirs de tout un peuple. La victoire des Lions de la Téranga en finale de la CAN a été annulée, attribuant le titre au Maroc sur tapis vert.
Pour le peuple sénégalais et ses joueurs, toutefois, une seule vérité compte : celle du terrain. Et cette vérité entend s’exprimer avec force le samedi 28 mars au Stade de France. Le 18 janvier dernier, dans une atmosphère électrique au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, les hommes de Pape Thiaw s’imposaient (1-0) après prolongation face au Maroc. Une finale marquée par des tensions, des interruptions, un but refusé et un penalty controversé en fin de match. Malgré ce chaos, le Sénégal avait soulevé le trophée.
Deux mois plus tard, la décision de la CAF de renverser ce résultat est perçue comme un véritable affront national. Le Sénégal, évoquant des « soupçons de corruption », a annoncé saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS). Mais au-delà du volet juridique, c’est une bataille d’honneur qui s’engage. Pour les Lions, une étoile conquise sur le terrain ne peut être effacée par une décision administrative.
Loin de céder au découragement, la sélection nationale a choisi de transformer son prochain match amical face au Pérou en un moment de revendication et de célébration. Plus qu’une simple rencontre internationale, ce rendez-vous s’annonce comme un symbole de résistance sportive.
Dans une vidéo diffusée par la Fédération sénégalaise de football, les cadres de l’équipe ont lancé un appel à la mobilisation. « Je vous donne tous rendez-vous le 28 mars pour un match où l’on va fêter notre titre de champions d’Afrique. On vous attend nombreux, avec de nombreuses surprises ! », a déclaré le capitaine Kalidou Koulibaly.
Dans cette dynamique, plusieurs internationaux comme Habib Diarra, Yehvann Diouf, Antoine Mendy ou encore Pape Gueye ont relayé cet appel, invitant la diaspora et les supporters à répondre présents. Pour eux, le 28 mars dépasse le cadre sportif : il s’agit de célébrer un peuple et de défendre une légitimité.
Face au Pérou, les Lions ne joueront donc pas uniquement pour préparer les échéances à venir. Ils joueront pour affirmer que la légitimité se gagne sur la pelouse, et non dans les bureaux. Dans une ambiance qui s’annonce électrique, le Stade de France pourrait bien devenir, le temps d’une soirée, le théâtre d’un message fort adressé au football africain.
Le Sénégal a rendez-vous avec son histoire et ses supporters. Car si la CAF a tranché, le cœur du peuple, lui, semble avoir déjà choisi son champion.
Josaphat Mayi


