La dernière journée du Village des Opportunités, organisée sous l’égide du Ministère de la Jeunesse et Éveil Patriotique, a été marquée par une intervention particulièrement remarquée de Jonathan Tshiyoyo, expert du Fonds Spécial pour la Promotion de l’Entrepreneuriat et de l’Emploi des Jeunes (FSPEEJ).
Dans le chapiteau Stade Tata Raphaël, il a livré un message direct, exigeant et inspirant destiné à recentrer les jeunes sur la crédibilité, la rigueur et la maîtrise du processus entrepreneurial.
Un discours qui recentre le débat sur la crédibilité des jeunes entrepreneurs
Dès le début de son intervention, Jonathan Tshiyoyo a rappelé ce qui constitue, selon lui, le premier frein auquel se heurtent les jeunes.
« L’un des reproches faits aux jeunes, c’est de ne pas respecter le processus entrepreneurial », a-t-il souligné, insistant sur le manque de structuration qui freine souvent l’évolution des porteurs de projets.
Il a insisté sur la nécessité de maîtriser les fondamentaux de la démarche entrepreneuriale, expliquant que plusieurs jeunes abordent les financeurs avec des dossiers incomplets ou incohérents.
Il a ainsi mis en garde contre l’improvisation, qui détruit la confiance des institutions financières.
La gestion des opportunités : le cœur de la réussite
Jonathan Tshiyoyo a rappelé ce qu’il considère comme la base de tout projet : la capacité à identifier et exploiter les opportunités.
« Quand tu es entrepreneur, la première chose à savoir, c’est comment gérer les opportunités », a-t-il affirmé, en expliquent que tout commence par une observation attentive de l’environnement immédiat.
Il a décrit cette démarche comme une compétence stratégique puisque pour lui, chaque problème visible dans le quotidien est potentiellement une porte d’entrée vers un projet structuré.
« Derrière chaque problème, il y a une opportunité », a-t-il insisté, invitant les jeunes à devenir des détecteurs de solutions plutôt que des spectateurs du contexte.
Il a également rappelé que l’argent n’était pas le point de départ d’un bon projet.
« Ce n’est pas l’argent qui fait le bon projet. C’est la pertinence de l’idée », a-t-il déclaré.
Formalisation, transparence et étude de faisabilité : les trois piliers du financement

Jonathan Tshiyoyo a expliqué que l’accès au financement n’est pas un simple exercice administratif mais il repose sur la confiance. Or, cette confiance fait souvent défaut à cause de ce qu’il appelle l’« asymétrie d’information », lorsque le jeune entrepreneur détient des informations que le financeur ne peut pas vérifier.
« Un entrepreneur qui cache ou manipule ses données met le financeur en danger », a-t-il averti.
Pour répondre à ce problème, il a rappelé que l’État congolais avait déjà prévu un mécanisme pour réduire le risque côté financeurs.

« Pour se protéger, les institutions financières exigent des garanties, mais le gouvernement congolais a déjà prévu un dispositif pour couvrir cela », a-t-il rassuré.
Il a martelé que la formalisation reste la condition première pour être pris au sérieux.
« Beaucoup de jeunes ont des idées, mais leurs entreprises ne sont pas formalisées », a-t-il observé.

« Sans RCCM, identification nationale, numéro bancaire et statuts, aucune banque ne vous prendra au sérieux », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de se conformer aux exigences du marché.
Il a également mis en avant une initiative majeure du FSPEEJ.
« Nous avons lancé la formalisation gratuite de 500 jeunes entreprises grâce à notre partenariat avec la Guichet Unique de Création d’Entreprise », a-t-il annoncé.
Discipline, transparence et démarrage avec ses propres moyens

Pour clore son intervention, Jonathan Tshiyoyo a rappelé que les bailleurs ne financent pas les promesses, mais les preuves.
« Commence toujours avec tes propres fonds, tes économies. C’est ainsi que les bailleurs te feront confiance », a-t-il conseillé.
« Si tu ne peux pas exploiter ce que tu as, pourquoi chercher plus ? », s’est-il questionné.
Selon lui, un entrepreneur crédible est celui qui démontre qu’il peut avancer avec peu, qui peut prouver ses capacités avant de solliciter un accompagnement extérieur.
Carrière, fiscalité et programmes d’accompagnement
L’atelier a également été marqué par les interventions de Varlette Mampasi, conseillère en emploi, qui a abordé le choix de carrière en insistant sur l’introspection et l’analyse des offres d’emploi.
Par ailleurs, Vanessa Tshiunza, du Fonds de Promotion de l’Industrie, qui a soutenu que le stress pouvait être un moteur de créativité et que la formalisation était la première étape pour tout porteur d’idée.
Un atelier qui confirme l’engagement du FSPEEJ pour une jeunesse entrepreneuriale crédible et outillée
Cette troisième journée du Village des Opportunités a été un véritable laboratoire d’idées et une leçon d’humilité pour les jeunes venus s’informer.
Jonathan Tshiyoyo a, par son intervention, rappelé que l’entrepreneuriat n’est pas une improvisation, mais un processus rigoureux qui exige discipline, transparence et responsabilité.
À travers son intervention, le FSPEEJ réaffirme son rôle non seulement soutenir les jeunes, mais aussi les orienter vers une démarche entrepreneuriale réaliste, structurée et durable.
Lydia Mangala


