Dans un contexte où le numérique prend une place croissante dans la vie sociale, politique et professionnelle des Congolais, Christelle Vuanga, Députée nationale élue de la Funa et ancienne Présidente de la Commission des droits de l’homme de l’Assemblée nationale, tire une sonnette d’alarme.
« Les violences numériques ne sont pas virtuelles, elles brisent des vies réelles. L’écran n’efface pas la douleur», a-t-elle déclaré, ramenant au centre du débat public sur les violences faites aux individus, en particulier aux femmes, à travers les plateformes digitales.
L’urgence d’un combat : reconnaître l’impact réel des violences numériques
Les violences numériques, cyberharcèlement, diffusion non consentie d’images intimes, menaces, discours haineux, usurpation d’identité, manipulation en ligne, constituent, selon l’Honorable Vuanga, une extension moderne des violences basées sur le genre, rendue plus dangereuse par sa rapidité et son caractère exponentiel.
Trop souvent, la société minimise ces agressions en les réduisant à de simples incidents virtuels.
Pourtant, leurs conséquences sont concrètes : traumatismes psychologiques, isolement social, perte d’emploi, stigmatisation, voire dépression sévère.
Pour Christelle Vuanga, ce n’est pas parce que l’agression passe par un écran qu’elle est moins grave.
Un plaidoyer politique porté par une députée engagée
Fidèle à son profil de défenseure acharnée des droits humains, Christelle Vuanga souhaite inscrire la lutte contre les violences numériques dans une dynamique institutionnelle plus forte.
Depuis son passage à la tête de la Commission des droits de l’homme en 2019, elle a régulièrement attiré l’attention sur l’absence de cadre juridique clair pour protéger les victimes, le manque de dispositifs de signalement efficaces, la vulnérabilité des femmes, des jeunes filles et des personnalités publiques ainsi la nécessité de former les forces de l’ordre à la criminalité numérique.
Selon elle, la RDC ne peut plus se permettre de laisser ce terrain sans protection puisque si il n’y a aucune législation sur ça, les citoyens sont abandonnés à une violence invisible et incontrôlable.
Quand les écrans deviennent des armes
Les violences numériques ont des répercussions profondes : entre ruptures familiales, pertes d’estime de soi et pressions communautaires.
Dans plusieurs cas, les victimes n’osent pas porter plainte, par peur d’être ridiculisées ou jugées responsables de leur propre exposition en ligne.
Il est donc nécessaire d’instaurer une éducation numérique citoyenne, afin d’apprendre aux jeunes à reconnaître les comportements toxiques, à sécuriser leurs données, à connaître leurs droits et à adopter une attitude responsable en ligne.
Vers un cadre légal renforcé et une mobilisation nationale
Ainsi, il est important de faire appel à une coalition nationale regroupant parlementaires, ministères, plateformes numériques, enseignants, parents et organisations féministes pour établir des lois plus protectrices, des procédures de plainte simplifiées, des campagnes d’éducation publique, un accompagnement psychologique des victimes et une responsabilisation accrue des influenceurs et leaders d’opinion.
Car, selon la députée Christelle Vuanga, le numérique ne doit pas devenir un espace d’impunité.
En rappelant que les violences numériques brisent des vies réelles, l’Honorable Christelle Vuanga pose un jalon essentiel dans la lutte pour la protection des citoyens congolais.
Son message résonne comme un appel à la conscience collective sur le fait que la technologie doit servir l’humain, et jamais l’écraser.
Lydia Mangala


