C’est le rendez-vous que tout un peuple attend. Ce vendredi 9 janvier 2026, l’ambiance du complexe Prince Moulay Abdellah de Rabat s’annonce électrique pour ce quart de finale de la CAN aux allures de finale avant la lettre. Face à la presse, Walid Regragui a endossé son costume favori du leader serein, lucide, naviguant entre une confiance inébranlable et une prudence tactique très aiguisée.
Interrogé sur le jeu produit par les Lions de l’Atlas depuis le début du tournoi, le sélectionneur n’a pas fui ses responsabilités. Si le Maroc domine, il sait que le Cameroun est l’adversaire le plus dangereux pour contrer son système.
« On a la possession, mais le Cameroun se projette vite. Connaissant les Camerounais, ils n’accepteront pas de ne pas avoir le ballon. Nous on joue haut, donc on laisse des espaces. », a-t-il expliqué en conférence de presse d’avant-match.
Regragui a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme en rappelant les frissons des matchs précédents.
« La Tanzanie a eu les plus grosses occasions des équipes qu’on a affrontées. On se met souvent en danger, mais on a cette expérience pour gérer. », a-t-il ajouté.
« Le nouveau Maroc » face aux fantômes du passé
L’histoire entre le Maroc et le Cameroun a souvent tourné à l’avantage des Lions Indomptables. Mais, pour le technicien marocain, ces statistiques appartiennent aux livres d’histoire, pas au terrain.
Une confiance historique que Regragui a rappelé avec un sourire qu’il n’avait jamais perdu contre le Cameroun, que ce soit sur le banc ou lorsqu’il était joueur.
« Le passé c’est le passé, j’ai toujours dit qu’on est le nouveau Maroc. Ce qu’il y a eu avant, je ne calcule pas. On a gagné le dernier match officiel contre le Cameroun. Moi en tant que joueur, j’ai joué deux fois et j’ai gagné.», a martelé Walid Regragui.
En fait, jouer à domicile est un avantage. Mais c’est aussi un poids. Pourtant, Regragui déplace astucieusement le curseur de la pression vers le camp adverse. Selon lui, le Cameroun joue sa survie médiatique et sportive sur ce match, alors que le Maroc se projette déjà sur les échéances mondiales de l’été prochain.
« C’est leur compétition et ils ont tout à perdre car ils vont attendre 2 ans avant d’avoir une autre compétition. Nous, on a tout à perdre parce qu’on est à domicile, mais on a une grosse compétition dans 6 mois. », a rappelé Walid Regragui avant de rappeler la réalité de cette CAN, où aucune grande nation n’est à l’abri d’une sortie de route prématurée.
« C’est la CAN de l’humilité. Quand tu vois les résultats, tu rentres dans le rang », a-t-il martelé.
Un message clair envoyé à ses joueurs que le talent ne suffira pas, il faudra du cœur et de la vigilance pour écarter l’ogre camerounais et poursuivre l’épopée vers le sacre final à domicile.
Josaphat Mayi, à Rabat


