Les audiences foraines contre les présumés bandits urbains, communément appelés « Kuluna », ont officiellement débuté ce jeudi 8 janvier 2026 à Kinshasa.
Sur les 424 personnes interpellées par la Police Nationale Congolaise (PNC) lors des opérations de bouclage menées en décembre 2025, 207 prévenus ont été présentés en procédure de flagrance devant les tribunaux militaires de Kinshasa-Matete et Kinshasa-N’Djili.
La cérémonie s’est déroulée en présence du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, ainsi que du Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa
Un dispositif judiciaire renforcé pour lutter contre le banditisme urbain
Ces prévenus sont poursuivis pour plusieurs infractions graves, notamment terrorisme, association de malfaiteurs, extorsion et vols à main armée.
Pour ce premier jour consacré à l’instruction, 175 d’entre eux ont comparu devant le tribunal militaire de Kinshasa-Matete, tandis que 32 autres, dont un policier et un militaire, ont été présentés au tribunal militaire de Kinshasa-N’Djili, dans le district de la Tshangu.
Face à leurs juges, les prévenus ont été confrontés aux plaignants, victimes de violences et d’agressions, certains ayant subi des coups et blessures. Les tribunaux ont également pris connaissance des pièces à conviction présentées par les forces de l’ordre, incluant notamment des machettes et pelles, armes utilisées pour semer la terreur dans les quartiers de Kinshasa.
Une démarche dissuasive et pédagogique du gouvernement
L’opération Ndobo, qui a permis l’interpellation de ces 424 présumés Kuluna, avait été lancée par la Police Nationale Congolaise durant les festivités de fin d’année 2025, période traditionnellement marquée par une hausse de la criminalité urbaine.
Selon le gouvernement, cette action relève d’une stratégie à la fois pédagogique et dissuasive, visant à enrayer durablement le banditisme urbain et restaurer la sécurité au sein de la capitale congolaise.
Le VPM Jacquemain Shabani a rappelé, lors de sa rencontre avec les prévenus, le devoir de chacun de respecter la loi, soulignant que le gouvernement entend poursuivre toutes les initiatives permettant de sécuriser les populations et leurs biens.
Cette première audience constitue ainsi le coup d’envoi d’un processus judiciaire rigoureux, qui pourrait s’étendre aux autres prévenus interpellés, dans le cadre de la lutte continue contre le crime organisé et le terrorisme urbain à Kinshasa.
Lydia Mangala


