En séjour à New York pour prendre part à la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est exprimé le lundi 22 septembre lors d’un déjeuner de presse sur la démission surprise de Vital Kamerhe de la présidence de l’Assemblée nationale.
Le chef de l’État a tenu à lever toute équivoque qu’il n’est pas à l’origine de ce départ et continue de considérer l’ancien président de la Chambre basse comme un frère et allié.
Une démission qui surprend jusque dans les couloirs onusiens
La nouvelle de la démission de Vital Kamerhe, annoncée le 22 septembre alors qu’une plénière devait examiner le rapport de la commission spéciale sur les pétitions visant cinq membres du bureau, a résonné comme un séisme politique.
À Kinshasa, ce geste a été interprété par beaucoup comme une tentative d’apaisement, l’ancien président de l’Assemblée nationale préférant se retirer pour ne pas cristalliser les tensions.
Mais à New York, l’annonce a aussitôt suscité des interrogations sur l’avenir de l’alliance entre Kamerhe et Tshisekedi, deux figures centrales de l’Union sacrée.
Tshisekedi rassure : « Vital demeure mon frère »
Interpellé par les journalistes, Félix Tshisekedi a voulu clarifier les choses.
« Je ne suis pas à l’origine de la démission de Vital Kamerhe ni de ses problèmes. Je ne vois pas pourquoi il voudrait me tourner le dos. Je continue à le considérer comme un allié, comme un frère », a-t-il affirmé avec fermeté.
Le président a insisté sur le fait que sa mission consiste à garantir la stabilité des institutions, non à s’immiscer dans leur fonctionnement interne :
« Ils ont décidé de défier leur président, c’est leur cuisine interne. Mon rôle est de veiller à ce que les droits de chacun soient respectés et que la stabilité soit préservée », a-t-il précisé.
Vital Kamerhe : un départ placé sous le signe du pardon et de l’apaisement
Dans sa lettre de démission lue au Palais du peuple, Vital Kamerhe a expliqué avoir fait le choix de quitter la présidence de l’Assemblée nationale par souci d’apaisement.
Refusant de laisser sa personne devenir un obstacle aux priorités du pays, il a replacé son geste dans une dimension morale et patriotique.
« Mon cœur est trop étroit pour s’encombrer de fardeaux de rancune. Je m’emploie à cultiver les vertus du pardon », a-t-il déclaré.
Tout en rappelant son engagement de longue date pour l’alternance pacifique et la vision de Félix Tshisekedi, il a dénoncé les irrégularités qui ont émaillé les pétitions contre lui.
Un tournant pour l’Union sacrée
La démission de Vital Kamerhe ouvre désormais une zone d’incertitude politique.
L’élection à venir pour combler le poste de président de l’Assemblée nationale sera un test crucial pour l’Union sacrée.
Elle permettra de mesurer le rapport de force entre l’UDPS et ses alliés, mais aussi la capacité de la coalition à surmonter ses fractures internes à l’approche de 2026.
Pour Félix Tshisekedi, qui a choisi de se placer au-dessus de la mêlée, l’enjeu est de maintenir la stabilité des institutions et préserver l’image d’unité au sein du pouvoir, tout en réaffirmant la loyauté qui le lie encore à Vital Kamerhe.
Alors que la tempête parlementaire secoue Kinshasa, Félix Tshisekedi a tenu à jouer l’apaisement depuis New York.
En se déclarant étranger à la démission de Vital Kamerhe et en réaffirmant son alliance avec lui, le chef de l’État cherche à désamorcer les spéculations et à maintenir l’équilibre fragile de l’Union sacrée.
Au-delà des mots, il reste à savoir si cette alliance résistera aux réalités politiques d’un Parlement en pleine recomposition.
Lydia Mangala


