La question des réparations en faveur des victimes de violences sexuelles liées aux conflits armés en République démocratique du Congo a occupé une place centrale lors de la projection-débat organisée au Sénat français autour du thème « Amplifier les voix des survivantes ».
Invité à intervenir au sein du panel consacré à la justice, à la mémoire et à la responsabilité internationale, Patrick Mungung Fata, Directeur général du Fonds national des réparations des victimes (FONAREV), a présenté les efforts engagés par son institution pour accompagner les survivantes et contribuer à la reconstruction des communautés affectées par les conflits.
La réparation, un droit pour les victimes

Dans son intervention, le Directeur général du FONAREV a rappelé que les réparations constituent un droit fondamental pour les victimes de crimes graves et ne sauraient être considérées comme un simple acte de solidarité.
Selon lui, les survivantes des violences sexuelles ont besoin d’un accompagnement qui dépasse la seule prise en charge médicale d’urgence.
« La réparation est un processus qui vise à restaurer la dignité des victimes et à reconnaître officiellement les préjudices qu’elles ont subis », a-t-il expliqué.
Pour Patrick Mungung Fata, la justice et les réparations doivent avancer de manière complémentaire afin de permettre aux victimes de retrouver leur place dans la société.
Une réponse aux conséquences des conflits
Le responsable du FONAREV a souligné que les violences sexuelles liées aux conflits produisent des effets durables sur les victimes, leurs familles et leurs communautés.
Outre les séquelles physiques et psychologiques, de nombreuses survivantes sont confrontées à la précarité économique, à la stigmatisation sociale et à l’exclusion.
Face à cette réalité, le FONAREV met en œuvre des mécanismes destinés à répondre aux différents besoins des victimes à travers une approche intégrée incluant l’accompagnement psychosocial, la réinsertion socio-économique et les réparations individuelles ou collectives.
Le rôle du FONAREV dans la reconstruction
Créé pour assurer la réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, le FONAREV occupe aujourd’hui une place importante dans l’architecture nationale de justice transitionnelle en RDC.
Patrick Mungung Fata a rappelé que l’institution œuvre à identifier les victimes, documenter les préjudices subis et développer des mécanismes de réparation adaptés aux réalités du terrain.
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les ressources destinées aux programmes de réparation afin de répondre à l’ampleur des besoins observés dans les provinces touchées par les conflits armés.
Une responsabilité collective
Pour le Directeur général du FONAREV, la question des réparations ne concerne pas uniquement les institutions nationales.
Elle implique également la communauté internationale, les partenaires techniques et financiers ainsi que tous les acteurs engagés dans la défense des droits humains.
Selon lui, la solidarité internationale doit se traduire par un soutien concret aux mécanismes permettant d’accompagner durablement les survivantes.
Il a salué à cet égard les initiatives de plaidoyer menées par les organisations de la société civile, notamment Afia Mama ASBL, qui contribuent à porter la voix des victimes dans les espaces de décision.
Redonner espoir aux survivantes
En conclusion, Patrick Mungung Fata a insisté sur la nécessité de replacer les victimes au centre des politiques publiques.
Pour lui, les réparations ne se limitent pas à une compensation matérielle mais participent à la reconnaissance des souffrances endurées et à la reconstruction de la confiance entre les citoyens et les institutions.
« Derrière chaque dossier, il y a une vie, une histoire et une personne qui aspire à retrouver sa dignité », a-t-il rappelé.

À travers cette intervention au Sénat français, co-organisée avec Afia Mama ASBL, le Directeur général du FONAREV a réaffirmé l’engagement de son institution à poursuivre ses efforts en faveur des survivantes, tout en appelant à une mobilisation accrue pour faire des réparations un véritable levier de justice et de paix durable en RDC.
Joséphine Mawete


