L’artiste congolais Héritier Watanabe, l’une des figures les plus en vue de la scène musicale kinoise, a été auditionné le mercredi 23 juillet au parquet général de la Gombe.
L’affaire en cause était au sujet de sa chanson « Zala », dans laquelle apparaît une danse surnommée « Magoda », considérée comme indécente par les autorités.
Jugée inappropriée pour une diffusion publique, cette chorégraphie a entraîné l’interdiction du clip par la Commission nationale de censure des chansons et des spectacles (CNCCS), qui reproche à l’artiste la promotion d’un contenu obscène, notamment dans un contexte de forte médiatisation.
Une liberté conditionnelle et un rendez-vous fixé
Après plusieurs heures d’audition, l’artiste a été libéré, mais avec obligation de se présenter à nouveau au parquet le lundi 28 juillet 2025 à 10h, cette fois avec une version corrigée de son clip et de sa chanson.
« Il ira s’acquitter des amendes transactionnelles à la DGRAD, puis il reviendra lundi pour une séance de travail concernant le clip et la chanson Zala. Le rendez-vous est fixé à 10 heures et il devra venir avec un support du clip corrigé », a précisé Patrick Yala, avocat de l’artiste.
Des avertissements ignorés par l’artiste
Ce n’est pas la première fois qu’Héritier Wata est pointé du doigt pour cette chanson. Il y a quelques semaines, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) l’avait déjà invité à s’expliquer sur le langage et l’attitude adoptés dans « Zala », jugés contraires aux valeurs culturelles congolaises.
Malgré ces avertissements, le chanteur avait reproduit la danse controversée lors de son récent concert à l’Échangeur de Limete à l’occasion du Festival Mondial de la Musique et du Tourisme.
Vers une autocensure des artistes
Cette affaire relance le débat sur les limites de la liberté artistique face aux normes morales et culturelles en RDC.
Si certains soutiennent une liberté d’expression sans censure, d’autres appellent à plus de responsabilité dans les œuvres publiques, surtout en matière d’influence sur la jeunesse.
Le rendez-vous de lundi s’annonce décisif, autant pour l’image du chanteur que pour son avenir médiatique et artistique en RDC.
Lydia Mangala


