Afin de lutter contre les risques de violences basées sur le genre, d’exploitation, d’abus et de harcèlement sexuels en milieu scolaire, le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté (EDU-NC) a mis en place le Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP).
Ce dispositif prévoit, entre autres mesures, la gestion spécifique des plaintes relatives aux abus et harcèlements sexuels (MGP-EAS/HS) et l’obligation pour les enseignants de signer une déclaration d’engagement en vue de respecter le Code de bonne conduite du personnel enseignant.
Le projet PERSE identifie et forme des points focaux
Dans le cadre du projet d’Équité et Renforcement du Système Educatif (PERSE), mis en œuvre depuis septembre 2019 pour pérenniser la gratuité de l’enseignement primaire, 21 103 Points Focaux ont été identifiés et formés, à raison d’un par école primaire. Leur mission principale est d’apporter une aide psychosociale de base et d’orienter les victimes vers les services locaux de prise en charge.
La création de ce réseau vise à améliorer l’intervention face aux violences en milieu scolaire et à réduire le fardeau des frais scolaires sur les familles.
Des formations étalées en plusieurs phases
Afin d’assurer le bon fonctionnement du MGP, une série de formations a été organisée en trois phases. La première phase a consisté en la formation d’un noyau central à Kisantu, suivie de sessions pour les noyaux provinciaux et sous-provinciaux.
La dernière phase a concerné la formation des Points Focaux dans les écoles des provinces du Kasaï, du Kasaï Central, du Kasaï oriental, du Congo Central, du Bas Congo, du Kwilu et de Kinshasa, durant le mois de mars 2025.
Au total, 670 formateurs provinciaux sont intervenus dans 305 sous-divisions pour renforcer les compétences des acteurs impliqués dans la gestion des plaintes liées aux violences scolaires.
Un appui concret contre les violences et leurs conséquences
Les formations portaient non seulement sur la prévention et la réponse aux risques d’abus, d’exploitation et de harcèlement sexuels, mais également sur le soutien psychologique de base et la procédure d’orientation des cas vers les services spécialisés.
Les participants ont appris à maîtriser des techniques telles que l’écoute active, une communication adaptée aux mineurs, ainsi que la gestion de l’information et la remontée rapide des plaintes dans le respect des délais réglementaires.
« Je ne connaissais pas les différents types de violences et la distinction entre abus et harcèlement ; cette formation a considérablement enrichi mes connaissances et m’assurera de mieux gérer les plaintes au quotidien, » témoigne Patricienne Lukafi du Centre de Formation de Katanga.
Abraham Babisha Ntwaranyi, de la Division provinciale de Mweka, indique que la formation est intervenue au moment opportun pour répondre aux besoins de toute la communauté scolaire et espère qu’elle contribuera à réduire les abandons scolaires liés à ces violences.
Enjeux et contexte social
L’analyse sociale menée dans le cadre du projet PERSE, présentée en octobre 2024, a mis en évidence plusieurs facteurs de risque d’abus et d’exploitation en milieu scolaire. Elle souligne notamment que la promiscuité dans les salles de classe, la présence d’élèves d’âges variés et le rapprochement d’adolescents aux comportements différents augmentent la vulnérabilité des enfants aux violences.
Des enquêtes antérieures, notamment le MICS 2018 et une étude du Ministère du Genre réalisée à Kinshasa, révèlent que les risques de discrimination, de harcèlement et d’abus sexuels demeurent préoccupants dans le contexte scolaire.
Limites de la mise en œuvre du projet
Il est important de noter que, bien que le projet PERSE soit destiné à couvrir les 10 provinces ciblées, les formations n’ont été réalisées que dans 7 provinces.
Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, actuellement confrontées à des situations d’insécurité, n’ont pas encore bénéficié de cette initiative.
Lydia Mangala


