Dans un point de presse retentissant le jeudi 03 avril 2025, le Premier Président de la Cour des Comptes de la République démocratique du Congo, Jimmy Munganga, a lancé un avertissement sans équivoque aux gestionnaires indélicats.
Fort de résultats d’audits menés dans les provinces du Haut-Katanga, du Lualaba et du Haut-Uele, il a affirmé sa détermination à lutter contre la mauvaise gouvernance financière et à sanctionner rigoureusement tout détournement de fonds publics.
Une idée suce contre la corruption
À la suite d’audits ciblant 46 organismes spécialisés qui ont géré plus de 216 millions de dollars issus d’une dotation de 0,3 % prélevée sur les recettes minières, dont 90 % étaient destinés à des projets communautaires, la Cour des Comptes a constaté des irrégularités graves.
Parmi les manquements relevés figurent la mauvaise répartition des fonds, l’absence de structures de gestion dédiées et des violations répétées des règles de passation des marchés publics.
Pour remédier à ces dysfonctionnements, la Cour a appliqué des mesures conservatoires radicales, en vertu de l’article 39 de sa loi organique. Ces mesures comprennent :
– La destitution des responsables fautifs, une décision déjà actée par les ministres des Mines et des Affaires sociales.
– Le gel des comptes bancaires des entités concernées.
– L’interdiction formelle de quitter le territoire national pour les gestionnaires incriminés.
– La suspension immédiate de tout acte de gestion.
– La proposition de nomination d’intérimaires pour remplacer les responsables défaillants.
Un signal fort de la justice financière
Jimmy Munganga a clairement indiqué que le Parquet général près la Cour des Comptes poursuivra les mandataires d’entreprises publiques n’ayant pas transmis leurs états financiers. Ces derniers seront prochainement déférés devant la Chambre de discipline budgétaire et financière.
« La place des mauvais gestionnaires sera désormais et effectivement soit en prison, soit chez eux à la maison », a martelé Munganga, soulignant que la rigueur et la transparence seront désormais les maîtres-mots de la gestion des deniers publics en RDC.
Cette offensive inédite vise non seulement à stopper la fuite des ressources publiques, mais aussi à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions étatiques. En s’attaquant directement à la corruption, la Cour des Comptes espère amorcer un changement de paradigme dans la gestion financière du pays.
Des mesures conservatoires pour une RDC en mutation
Face à un contexte de corruption endémique, les mesures annoncées par Jimmy Munganga marquent un tournant dans la lutte contre la mauvaise gouvernance. L’approche systématique, avec l’application de sanctions sévères et le renvoi des dossiers au Parquet pour poursuites pénales, s’inscrit dans une stratégie globale de réformes visant à instaurer une culture de l’intégrité dans la gestion publique.
La détermination affichée par le Premier Président de la Cour des Comptes résonne comme un appel à l’ensemble des acteurs publics et privés. Il est désormais impératif de respecter la loi et de garantir une gestion transparente des ressources de l’État, en particulier dans un pays où chaque dollar détourné prive les projets essentiels des populations.
En mettant en œuvre des mesures radicales et en s’engageant à poursuivre sans relâche les cas de corruption, la Cour des Comptes entend poser les jalons d’une RDC plus juste et financièrement responsable. Si ces actions parviennent à instaurer un climat de rigueur, elles pourraient bien être le catalyseur d’un profond changement de culture au sein de la gestion publique congolaise.
Lydia Mangala


