Le jeudi 10 juillet 2025, une centaine de nouveaux magistrats ont organisé un sit-in devant le ministère des Affaires étrangères à Kinshasa pour réclamer la régularisation de leurs salaires et des informations sur leur formation.
A la veille de cette mobilisation inédite, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) avait riposté par une mise en garde ferme, évoquant des poursuites disciplinaires et pénales à l’encontre de ceux qui persisteraient dans cette action.
Des magistrats sans paie ni formation
Nommés en mars dernier, ces jeunes juges déplorent n’avoir reçu aucun traitement à ce jour, ni avoir été informés du calendrier de leur cycle de formation.
Isabelle Ntumba, coordinatrice du Forum général des magistrats, a résumé leur ras-le-bol :
« Nous revendiquons les salaires depuis notre nomination. Jusqu’à présent, nous n’avons perçu aucune rémunération, et personne ne nous indique quand débutera notre formation », a-t-elle déploré.
En s’installant en sit-in dès l’aube devant l’imposant bâtiment du Quai de Brazza, les magistrats ont voulu porter leur voix au cœur des institutions, espérant débloquer une situation qui met en péril leur insertion professionnelle et, plus largement, le fonctionnement des tribunaux.
Une mise en garde sans équivoque du CSM
La veille, le mercredi 9 juillet, le CSM avait adressé un communiqué rappelant que le magistrat digne de ce nom ne revendique ses droits que par voie hiérarchique.
Au lendemain du sit-in, son secrétaire permanent a précisé qu’une procédure disciplinaire individuelle sera engagée contre tout magistrat s’en prenant aux institutions de la République, ajoutant que des poursuites pénales pourraient également être exercées pour toute infraction constatée.
Un bras de fer institutionnel
Ce face-à-face traduit une tension profonde au sein de la corporation : d’un côté, des magistrats aspirant à la reconnaissance de leurs droits fondamentaux, de l’autre, une autorité judiciaire soucieuse de préserver la discipline et l’image de l’institution.
Si le CSM a encouragé le calme et l’usage des circuits internes pour traiter les doléances, les jeunes magistrats ont estimé avoir épuisé toutes les voies de recours, justifiant ainsi leur action publique.
Cette crise éclaire les enjeux de la gestion des ressources humaines dans la magistrature congolaise et met en exergue la nécessité d’un dialogue apaisé pour garantir à la fois l’équité salariale et l’intégrité de la justice.
Lydia Mangala


