La République démocratique du Congo (RDC) continue de faire face à une crise humanitaire parmi les plus complexes au monde. Conflits armés, déplacements massifs, épidémies récurrentes et catastrophes climatiques exposent des millions de Congolais à des risques immédiats pour leur vie, leur santé et leur dignité.
Pour répondre à ces besoins urgents, le Fonds Humanitaire en RDC (FH RDC) a annoncé une allocation de 145,9 millions de dollars, financée par le Gouvernement des États-Unis. Cette enveloppe, représentant environ 10 % des besoins financiers du Plan de Réponse Humanitaire (HNRP) 2026, vise à fournir une assistance rapide, ciblée et vitale aux populations les plus vulnérables.
Selon Bruno Lemarquis, Coordonnateur humanitaire en RDC, cette allocation est strictement concentrée sur les interventions vitales.
« Cette allocation est hyper-priorisée et cible les zones où les besoins sont les plus critiques. Nous parlons de 29 zones de santé classées au niveau 4 de sévérité intersectorielle dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika. L’objectif est clair : sauver des vies, réduire la mortalité évitable et prévenir des dommages irréversibles », a-t-il expliqué.
Cette stratégie repose sur une analyse rigoureuse de la sévérité des besoins, des données probantes et de la faisabilité opérationnelle. Les interventions incluront des programmes multisectoriels intégrés et, là où cela est sûr et efficace, des transferts monétaires directs aux populations touchées.
« Avec l’allocation du CERF UFE de 18 millions de dollars, nous devrions pouvoir couvrir plus de la moitié des besoins humanitaires prioritaires dans les zones ciblées », a précisé Bruno Lemarquis.
L’allocation s’inscrit dans une logique de complémentarité avec d’autres financements humanitaires existants, afin de maximiser l’impact et éviter toute duplication. « Nous travaillons en coordination avec les allocations précédentes et les autres financements humanitaires pour concentrer nos ressources là où elles sont le plus nécessaires », a-t-il ajouté.
Dans un contexte de ressources limitées, le FH RDC privilégiera les partenaires capables d’intervenir rapidement et à grande échelle, tout en garantissant un suivi transparent, une gestion des risques renforcée et une redevabilité rigoureuse.
L’un des principes majeurs de cette allocation reste la protection et la participation des communautés.
« L’assistance doit être fournie dans le respect de la dignité, de la liberté de choix et de la participation significative des communautés, avec des mécanismes de prévention de l’exploitation et des abus sexuels », a insisté Bruno Lemarquis.
Cette allocation marque également une volonté de renforcer l’ancrage opérationnel local.
« Lorsque cela est pertinent et faisable, nous privilégierons le recours à des acteurs nationaux et locaux pour améliorer l’accès et la rapidité de la réponse », a-t-il indiqué.
Pour Bruno Lemarquis, la réussite de cette initiative repose sur l’engagement et la discipline de tous les acteurs humanitaires.
« Je lance un appel à l’ensemble des partenaires pour garantir une mise en œuvre rapide, responsable et à l’échelle requise. Les vies sauvées et les souffrances atténuées seront notre mesure de succès », a-t-il conclu.
Face à l’ampleur des crises humanitaires en RDC, cette allocation du FH représente une opportunité de traduire les priorités humanitaires en actions concrètes et urgentes pour sauver des vies et protéger la dignité de millions de Congolais.
Lydia Mangala


