Ce mardi 3 mars 2026, le Vice-Premier ministre et ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a officiellement donné le coup d’envoi des opérations de désensablement et de réhabilitation du chenal de Kingabwa, à Kinshasa. Ce chantier vise à rétablir la circulation normale des eaux et à redonner vie aux ports de la capitale, durement affectés par des années d’incivisme et d’aménagements illégaux.
Accompagné du ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba Mwana Nshiya, du Général Stasin Kizimu Mbuyu, commandant de la 14ᵉ région militaire, ainsi que du directeur général de la Régie des Voies Fluviales (RVF), Daniel Lwaboshi, et de son directeur technique Cédric-Luc Tschumbu, le VPM a pu constater l’ampleur des dégâts causés par le remblayage illégal.
Selon les premières estimations, près de 34 000 camions de sable et de gravats ont été déversés au fil des années dans le chenal, souvent pour créer des parcelles destinées à la construction. Ces opérations illégales ont été facilitées par certains agents des services fonciers qui ont délivré des autorisations douteuses, entraînant un déséquilibre majeur dans l’écoulement naturel du fleuve.
Ce phénomène a eu des conséquences sévères pour la capitale. Plusieurs ports de Kinshasa se sont progressivement asséchés, perturbant gravement les activités portuaires, et limitant la circulation fluviale essentielle pour le transport des marchandises et la logistique en ville.
Lors de sa visite sur le site, Jean-Pierre Bemba a insisté sur la nécessité d’une action rapide et structurée.
Il a martelé que l’incivisme et la spéculation illégale qui continuent de compromettre les infrastructures fluviales, ne peuvent plus être toléré. Il a rappelé que la réhabilitation du chenal de Kingabwa constitue une priorité pour sécuriser le transport fluvial, revitaliser l’économie locale et garantir la fluidité des échanges dans la capitale.
Le projet, piloté par la Régie des Voies Fluviales, prévoit le retrait complet des matériaux déposés illégalement, la remise à niveau du chenal et le renforcement des mesures de surveillance pour prévenir tout futur remblayage non autorisé. Le ministre a également souligné l’importance de la collaboration avec les autorités provinciales et les forces de sécurité pour assurer la durabilité de l’opération.
Au-delà de la dimension technique, cette initiative vise à restaurer l’ordre et la régularité dans l’aménagement du territoire, tout en protégeant les ressources fluviales essentielles à la vie économique de Kinshasa.
Les travaux de désensablement de Kingabwa marquent donc le début d’une nouvelle ère pour le transport fluvial dans la capitale, avec l’espoir de voir rapidement reprendre les activités portuaires et commerciales perturbées depuis de nombreuses années.
Lydia Mangala


