À l’occasion de la Journée internationale du travail, célébrée ce 1er mai 2026, la Fondation Grame, « Grâce à ma mère », dirigée par Julie Nsuele Manika, a organisé une Master Class pas comme les autres à Saint Raphaël, avec comme objectif montrer, de manière concrète, qu’il est possible de se lancer dans l’entrepreneuriat avec des moyens limités, parfois à partir de seulement 100 dollars.
Au total, 60 candidatures ont été enregistrées, 60 porteurs de projets sélectionnés pour participer activement aux différentes étapes de la journée. Entre partages d’expériences, exercices pratiques et échanges directs, les participants ont été plongés dans une réalité souvent peu abordée, celle qu’entreprendre, ce n’est pas seulement rêver, c’est aussi comprendre les risques, faire des choix et apprendre à gérer.
Animée par Julie Nsuele elle-même, la session a rapidement pris une tournure interactive. Face aux participants, elle a posé des questions simples, mais essentielles : « Pourquoi êtes-vous ici ? », « Avez-vous déjà vendu quelque chose ? », ou encore « Que faites-vous avec l’argent que vous gagnez ? »
Des interrogations qui ont permis à chacun de réfléchir à son rapport à l’argent, au travail et à la prise de risque.

« Entre l’entrée et la sortie d’argent, je vous conseille la sortie. L’argent doit tourner. Pour qu’il y ait des entrées, il faut qu’il y ait des sorties », a-t-elle cassé certaines idées reçues.

Elle a aussi surpris en affirmant qu’être salarié pouvait être un choix stratégique.
« Moi, je préférerais être employée au départ, pour avoir une base et acquérir de l’expérience. L’entrepreneuriat demande de la maturité », a-t-elle précisé.

L’un des moments forts de la Master Class a été l’exercice autour des perceptions de l’entrepreneuriat. Après avoir demandé aux participants de citer des mots liés au business, Julie Nsuele a relevé une absence marquante.
« Vous avez parlé de réussite, d’argent, d’opportunité mais personne n’a parlé d’échec, de perte, de découragement », a-t-elle rappelé.

« L’entrepreneuriat n’est pas un mur blanc. Il y aura des difficultés. Il faut être prêt à échouer, mais surtout à recommencer », a-t-elle ajouté.
Loin des discours théoriques, la Fondation a proposé une vingtaine d’idées de business réalisables avec un capital de départ limité. Parmi elles la vente de plateaux d’œufs avec un bénéfice mensuel estimé à 100 dollars, la revente d’accessoires téléphoniques pour étudiants, le commerce de braise avec des marges intéressantes, la friperie en ligne, pouvant générer jusqu’à 300 dollars par mois, la fabrication et vente de lait caillé, le community management après une formation de base, la vente de parfums de Dubaï, la restauration rapide en entreprise (sandwichs, repas), la production de chips ou popcorn ou encore la revente de produits en ligne via le marketing digital
Chaque idée était accompagnée d’exemples concrets de coûts, de charges, de risques et de bénéfices, permettant aux participants de mieux se projeter.
Répartis en quatre groupes, les candidats ont ensuite présenté leurs projets devant un jury, avec un temps limité de 10 minutes chacun. Les critères de sélection étaient la maîtrise du projet, la pertinence et l’impact social.
À l’issue des délibérations, 12 gagnants ont été sélectionnés. Chacun a reçu une enveloppe de 100 dollars pour lancer concrètement son activité.
Mais au-delà du financement, la Fondation a insisté sur l’accompagnement.
« Il y aura un suivi. Nous ne vous laissons pas seuls », a rassuré Julie Nsuele.

Derrière cette initiative, la Fondation Grame poursuit la vision de l’autonomisation des femmes et des jeunes filles, en particulier en milieu rural et périurbain.
À travers ses actions, elle mise sur le renforcement des capacités professionnelles, la formation gratuite, la distribution de kits métiers ainsi que l’accompagnement à la création d’activités génératrices de revenus
En seulement cinq ans d’activités, la fondation revendique déjà plus de 1 200 femmes formées gratuitement, 720 orphelins assistés et plus de 2 200 membres actifs. Elle gère également une école à Kimbanseke, où 200 enfants sont scolarisés gratuitement.
Cette Master Class a démontré qu’entreprendre n’est pas réservé à une élite. Avec des outils simples, une bonne compréhension du marché et une certaine discipline, il est possible de démarrer petit et de grandir progressivement.
En cette Journée du travail, la Fondation Grame a rappelé que dans un contexte où l’emploi formel reste limité, l’entrepreneuriat peut devenir une véritable voie d’émancipation, à condition d’être bien encadré. Et parfois, tout peut commencer avec seulement 100 dollars et une idée bien pensée.
Lydia Mangala


