À Kinshasa, plusieurs défenseurs des droits humains ont été suffisamment outillés sur le renforcement des capacités sur la gestion des traumatismes, ce mercredi 03 décembre à l’immeuble Tembe na tembe.
Un besoin urgent porter à coeur par l’association sans but lucratif dénommé AFIA MAMA en vue d’apporter une solution aux traumatismes subis par plusieurs ressortissants des régions en conflits de guerre.

Un moment riche en partage des expériences animé par madame Nathalie Musungu, chargée de communication à AFIA MAMA et modératrice de cet atelier qui a prononcé les mots de bienvenue aux participants de cet atelier.
D’entrée de jeux, Anny T. Modi, directrice exécutif de AFIA MAMA et du programme PIR-DDH ( protection intégré et résilience des défenseurs des droits humains ), et défenseur des droits humains a réconforté ces nombreux défenseurs qui luttent jour et nuit a défendre les droits humains sans relâche et a lancé un message fort en leur interpellant sur leurs rôles.
Dans son allocution, elle a expliqué la mission assignée par le programme PIR-DDR .
« Ce programme vise à ouvrir un hébergement sécurisé dans des refuges adaptés aux genres. Un accompagnement psycholo social dans la santé mentale, une assistance juridique pour les DDH victime des menaces ou criminalisation qui ont besoin de cette assistance juridique » a-t-elle fait savoir.
Cela, tout en précisant que le PIR-DDH est le premier mécanisme de localisation et de prise en charge intégré des DDH ( défenseurs des droits humains) déplacés internes de Kinshasa.
Pour revenir à l’objectif de cette journée, Elle a martelé sur le fait que cet atelier de renforcement des capacités comprends trois objectifs clés, notamment :
– Renforcer la compréhension et la prise en charge des impacts psychologiques (stress élevé, traumatisme), tout en présentant les outils adaptés, sensibles aux genres et alignées sur le standard du programme national de la santé mentale.
– Consolider les capacités individuelles et collectives ( doter les DDH et les intervenants psycholo sociaux des méthodes pratiques)
– Harmoniser un protocole national pour le soutien à la santé mentale des DDH vivant à Kinshasa.
Pour mettre fin à son intervention, Anny T. Modi a lancé un message émouvant à tout les défenseurs des droits humains.

« Chers collègues, votre présence ici est un acte de courage , car vous portez en vous les cicatrices des conflits mais aussi la lumière de la paix et de la justice. Cet atelier est conçu pour vous et votre rôle essentiel dans la construction d’une RDC plus juste, plus libre ou la voix de chacun compte » a-t-elle chutée.

La deuxième intervention était celui de monsieur Mobili, docteur et psychologue qui a lancer un débat ouvert autour du thème : Comprendre le traumatisme et ses effets sur le corps et l’esprit
Par définition, le traumatisme étant réaction intense et bouleversante face à un événement qui dépasse la capacité d’une personne à le surmonter, avec comme répercussions, un sentiment d’impuissance et diminuant son estime de soi.

Le docteur Mobili a signifié que ce traumatisme peut être physique (blessure), émotionnel (tristesse, peur, abus…) ou psychologique (stress extrême) et peut avoir des conséquences néfastes sur les pensées, les émotions et le comportement d’une personne pouvant entrainer à un trouble de stress post-traumatique si le stress devient chronique. Il a insisté sur le fait que le caractère traumatique d’un événement est subjectif et cela dépend de l’expérience personnelle vécu par chacun en général.
Les causes d’un événement traumatique

« Les événements traumatiques sont multiples »a-t-il fait savoir. Tout en citant quelques unes : accidents, agressions (sexuelles, physiques, verbales), guerre, harcèlement, abus. Et cela peut entrainer de Flashbacks, cauchemars, difficultés de concentration, troubles de la mémoire, pensées catastrophiques.
Risques causés par le traumatisme
Il précise que dans le cas de non pris en charge, le traumatisme peut conduire à des troubles chroniques, à un risque accru de dépendance à des substances psychoactives (Tramadol prise sans dosage) et même au suicide.
Attitudes salutaires pour obtenir de l’aide après un traumatisme
Face à cette situation, il a invité les participants à adopter quelques pratiques qui peuvent soigner et soulager certains traumatismes
Parlez-en : Confiez-vous à une personne de conflance ou consultez un professionnel
de santé, comme un psychologue ou un psychiatre, pour éviter que
l’empreinte psychologique ne devienne trop lourde.

• Ne vous forcez pas : Si vous ne vous sentez pas prét à en parler, ce n’est pas grave.
Soyez simplement disponible pour la personne si elle s’exprime.
• Encouragez l’activité : Une activité physique légère ou des passe-temps peuvent aider à se détendre et à se changer les idées.

• Attendez le bon moment: Il n’est pas toujours nécessaire de consulter immédatement.
Pour clore son intervention, il a convié les participants souffrant du traumatisme de ne pas attendez et si possible de se faire régulièrement consulter par des spécialistes si et seulement si les symptômes présenter sont très graves.
Après cet entretien très enrichissant, s’en est suivi d’une série de questions-réponses et une photo de famille a clôturé cette journée.
Ben Mandjolo


