La deuxième journée du Workshop national de haut niveau consacré au renforcement des capacités productives de la République démocratique du Congo, tenue le 18 mars 2026 à Kinshasa, a été marquée par des échanges approfondis entre membres du gouvernement, experts, acteurs du secteur privé, universitaires et représentants de la société civile. Cette rencontre stratégique s’inscrit dans une dynamique visant à identifier les leviers essentiels pour accélérer l’industrialisation, diversifier l’économie et soutenir une croissance inclusive.
Au cœur des discussions, plusieurs thématiques majeures ont été abordées à travers différents panels, notamment la modernisation du secteur agricole, les enjeux du commerce international, l’attraction des investissements étrangers, la problématique de l’informalité, l’intégration régionale, les partenariats publics-privés, la transformation numérique, la durabilité environnementale ainsi que les défis liés aux infrastructures et à la connectivité.
Intervenant sur la question agricole, le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, a annoncé la réhabilitation des Centres d’Appui et de Production des Services Agricoles (CAPSA) dans les 26 provinces, ainsi que celle de 15 stations de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA). Il a également évoqué la mise en place de subventions destinées à stimuler la production agricole, considérée comme un pilier de la transformation économique du pays.
Pour sa part, Jean-Lucien Bussa, ministre de l’Aménagement du territoire, a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la diversification productive et de promouvoir une industrialisation tournée vers les exportations, afin de mieux positionner la RDC dans le commerce international.
De son côté, la ministre d’État en charge de l’Environnement et du Développement durable, Marie Niange Ndambo, a insisté sur l’importance de l’économie verte, soulignant les capacités nationales en matière de gestion forestière, désormais assurées par des ingénieurs congolais.
Le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba, a quant à lui plaidé pour un renforcement des mécanismes d’accompagnement et de facilitation en faveur des petites et moyennes entreprises, essentielles à la dynamisation du tissu économique.
Les travaux ont également mis en lumière l’importance de promouvoir les produits « made in DRC » sur les marchés internationaux, tout en réduisant les contraintes structurelles qui freinent la productivité, notamment l’informalité et le déficit d’infrastructures.
Ces assises, organisées en partenariat avec la CNUCED, ont abouti à l’élaboration d’une feuille de route claire pour la mise en œuvre du Programme Pays. Celle-ci prévoit notamment la fiabilisation des données dès mars 2026, suivie d’une phase de mobilisation des financements à l’horizon 2027.
Le ministre Julien Paluku a salué les avancées réalisées et les bases solides posées pour une coopération renforcée avec la CNUCED, qui a réaffirmé son engagement à accompagner la RDC grâce à son expertise technique.
Dans la continuité de ces travaux, une formation spécialisée sur l’indice des capacités productives a été lancée ce jeudi 19 mars, afin de doter les acteurs nationaux d’outils d’analyse performants. Une initiative qui témoigne de la volonté des autorités congolaises de passer du diagnostic à l’action, en structurant des politiques publiques capables de transformer durablement l’économie nationale.
Lydia Mangala


