Dix jours après le sacre héroïque des Lions de la Teranga au Stade Prince Moulay Abdellah, l’heure n’est plus aux célébrations mais à l’angoisse des procédures. La Commission de discipline de la Confédération Africaine de Football (CAF), réunie ce mardi pour statuer sur les incidents chaotiques ayant émaillé la fin de la finale Sénégal-Maroc (1-0 a.p.), a décidé de prolonger le suspense.
Alors que le continent attendait des sanctions immédiates, l’instance disciplinaire a choisi la voie de la réflexion. Dans un communiqué publié mardi soir, la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a confirmé que l’affaire avait été mise en délibéré. La sentence est désormais attendue sous 48 heures. Un délai rigoureux imposé par la présidente du jury.
En fait, le triomphe sénégalais est aujourd’hui assombri par des menaces de suspensions lourdes. Selon les rapports des officiels et les réserves déposées par la partie marocaine, trois figures majeures du sacre sont directement visées. Pape Thiaw , sélectionneur du Sénégal et l’architecte du succès sénégalais, son comportement en fin de match est scruté de près.
De leur côté, Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye, deux piliers de l’attaque des Lions, sont également dans le collimateur de la CAF. Tous trois ont été auditionnés ce mardi afin de présenter leurs moyens de défense. Si les détails des griefs restent confidentiels, l’implication de joueurs de cette stature suggère des incidents d’une gravité certaine.
Dans ce dossier, au-delà des sanctions individuelles, c’est la crédibilité de la CAF qui se joue dans les bureaux de l’instance. Après une finale à l’ambiance électrique et un scénario surréaliste, l’image du football africain a été sérieusement écornée par les scènes de confusion finale.
La Commission doit désormais naviguer entre la nécessité de sanctionner fermement les débordements et celle de ne pas dénaturer a posteriori un résultat acquis sur le terrain. Entre diplomatie sportive et rigueur réglementaire, le verdict attendu d’ici jeudi marquera le véritable point final de cette CAN 2025.
Pour le Sénégal, champion d’Afrique en titre, ces 48 heures ressemblent à une seconde prolongation, où le trophée ne se dispute plus sur la pelouse, mais dans les textes de loi.
Josaphat Mayi


