Kinshasa a servi de cadre, ce samedi 25 avril au Silikin Village, à une conférence organisée par Happy Academy Paris, autour du thème : « Boost ta carrière dans le digital : entrepreneuriat, marketing digital, community management et cybersécurité ». Dans une salle réunissant jeunes professionnels, étudiants, entrepreneurs et passionnés du numérique, l’événement, animé avec finesse par Naomie Longila, a mis en lumière les enjeux actuels de l’employabilité dans un monde de plus en plus structuré par les technologies.
Outre les échanges et les panels, cette rencontre a surtout été marquée par la remise officielle des certificats de la toute première promotion de Happy Academy Paris, un jalon important qui consacre le lancement concret de cette plateforme de formation digitale entre la France et la République démocratique du Congo.

Prenant la parole, Reddy Ntie, fondateur et directeur général de Happy Academy Paris, a livré un témoignage personnel empreint de sincérité et de résilience. Entrepreneur et consultant IT, il est revenu sur son parcours entre Kinshasa et la France, marqué par les défis de l’intégration, de la formation et de la construction professionnelle.
« J’étais complètement perdu. Il a fallu multiplier les efforts et continuer à me former. C’est ainsi qu’avec des partenaires français, j’ai décidé de mettre en place Happy Academy Paris », a-t-il confié.

Pour lui, cette initiative représente un véritable pont numérique entre la France et la RDC, destiné à réduire les inégalités d’accès à la formation et à offrir aux jeunes des compétences alignées sur les standards internationaux.
« L’outil informatique s’impose aujourd’hui comme le socle sur lequel est bâti le monde numérique. Notre objectif est de réduire le fossé numérique en RDC et permettre à chaque jeune d’accéder à une formation de qualité, peu importe son environnement », a-t-il ajouté.

Intervenant lors de la conférence, Lynn Mazianda, journaliste, blogueuse et Digital Officer au CICR, a apporté un éclairage analytique sur les réalités du numérique en République démocratique du Congo. Elle a insisté sur la distinction essentielle entre numérique et digital, rappelant que le premier renvoie aux outils et technologies, tandis que le second désigne leur usage concret dans la vie quotidienne.
S’appuyant sur des données de Kepios, elle a rappelé qu’en octobre 2025, la RDC comptait environ 34,7 millions d’utilisateurs d’internet pour plus de 114 millions d’habitants, avec une présence encore déséquilibrée des femmes sur les plateformes numériques.
« La vraie question est simple : où sont les femmes dans cette révolution numérique ? », a-t-elle interrogé, mettant en avant les écarts d’accès, de formation et de visibilité.

Elle a également souligné les obstacles majeurs qui freinent encore l’inclusion numérique, notamment le coût de l’internet, le manque de formation, la pression sociale et le déficit de confiance en soi. Toutefois, elle a encouragé les jeunes femmes à s’approprier les outils digitaux.
« Le digital donne une voix, une autonomie et des opportunités. Il faut oser. Vos idées peuvent influencer le monde », a-t-elle affirmé.

De son côté, Gabriel Lumengo Shango, coach certifié en entrepreneuriat et mentor international, a replacé la question du digital dans une dynamique économique plus large. Pour lui, entreprendre à l’ère numérique revient avant tout à identifier des problèmes et à proposer des solutions concrètes.
« L’entrepreneuriat, c’est oser répondre aux besoins de la société », a-t-il rappelé, avant de détailler les différentes étapes du processus entrepreneurial, allant de l’idée à la structuration d’un plan d’affaires solide.

Il a insisté sur l’importance de la formation, du coaching, du mentorat et du réseautage, considérés comme des piliers indispensables pour réussir dans l’économie numérique.
Le moment fort de la journée était celui de la remise des certificats de la première promotion de Happy Academy Paris, qui a matérialisé le passage d’une vision à une réalité concrète. Ces apprenants, formés aux métiers du digital tels que le marketing numérique, la cybersécurité ou encore le community management, représentent désormais la première génération issue de ce programme hybride entre formation en ligne et accompagnement professionnel.

Cette étape marque le début d’une plus large ambition de démocratiser l’accès aux compétences numériques certifiantes, tout en favorisant l’insertion professionnelle des jeunes francophones.
Happy Academy Paris propose des formations professionnelles orientées vers les métiers du digital, notamment dans le marketing digital, le community management, la cybersécurité, la bureautique (Excel, Word) ainsi que l’entrepreneuriat numérique. L’approche pédagogique mise en place vise à répondre aux besoins concrets du marché du travail, en dotant les apprenants de compétences directement mobilisables dans un environnement professionnel en constante évolution.

Les programmes sont conçus dans une logique de flexibilité et d’efficacité, afin de s’adapter aux réalités des apprenants. Le parcours standard s’étend sur une durée de six semaines, soit un mois et demi, permettant une montée progressive en compétences sans déséquilibrer les activités personnelles ou professionnelles.
À côté de ce format, des modules intensifs sont proposés pour ceux qui souhaitent acquérir rapidement des compétences ciblées, ainsi que des parcours exécutifs personnalisés destinés aux professionnels et aux équipes d’entreprises.
À l’issue de leur formation, les apprenants obtiennent un certificat reconnu en France, un atout significatif qui renforce leur crédibilité sur le marché de l’emploi et facilite leur insertion professionnelle, aussi bien au niveau local qu’international.
Sur le plan financier, Happy Academy Paris a opté pour un modèle accessible afin de favoriser l’inclusion numérique. L’accès aux formations est conditionné à des frais d’inscription fixés à 10 dollars américains, tandis que le coût global de la formation s’élève à 100 dollars. Cette politique tarifaire vise à démocratiser l’accès aux compétences digitales, en particulier pour les jeunes et les personnes en reconversion professionnelle, souvent confrontés à des barrières financières dans l’accès à des formations de qualité.

Dans un contexte où les compétences digitales deviennent un levier incontournable d’employabilité, cette initiative relie la jeunesse congolaise aux opportunités globales, dans l’ambition de former aujourd’hui pour transformer demain.
Lydia Mangala


