Kinshasa, le 12 octobre 2025, alors que la récente dépréciation du dollar américain (USD) face au franc congolais (CDF) suscite des réactions diverses sur la scène publique, l’artiste et entrepreneur Alesh, diplômé en économie monétaire, a tenu à clarifier les effets réels de ce phénomène sur le quotidien des Congolais.
Dans une analyse lucide publiée sur ses réseaux sociaux, il rappelle que la baisse du taux de change ne doit en aucun cas être perçue comme une victoire économique, tant que les prix des biens et services restent inchangés sur le marché intérieur.
« Pour toute personne ayant correctement parfait son cursus universitaire en économie monétaire comme moi, la situation actuelle du marché de change n’est pas un motif de joie, mais bien au contraire », écrit-il.
Une illusion économique dangereuse
Selon Alesh, la dépréciation de la monnaie d’ancrage (le dollar) sans baisse concomitante des prix constitue en réalité une érosion déguisée du pouvoir d’achat.
« Les individus et les ménages dont le revenu est encaissé en USD ne gagnent rien bien au contraire. Cette situation appauvrit cette catégorie de Congolais. Le meilleur des cas est celui des personnes dont le revenu est encaissé en monnaie locale (CDF) : leur pouvoir d’achat reste inchangé », explique-t-il.
En d’autres termes, poursuit-il, le taux de change change, mais la vie reste chère, voire plus chère pour certains. Autrement dit, une variation favorable du taux sans ajustement des prix sur le marché ne traduit pas une amélioration réelle du niveau de vie.
Les produits pétroliers : un effort insuffisant
Alesh reconnaît cependant les efforts du gouvernement dans la réduction du prix des produits pétroliers à la pompe, mais nuance leur impact :
« C’était un bon effort, sauf que le taux de dépréciation du dollar est aujourd’hui plus important que la baisse enregistrée sur le prix des produits pétroliers », note-t-il.
Cette situation crée un déséquilibre entre la politique de stabilisation monétaire et la réalité du marché intérieur, où la majorité des prix demeure indexée sur le dollar.
“Ce n’est pas de la politique, c’est de la science”
L’artiste originaire de Kisangani tient à préciser que sa sortie n’a aucune connotation politique, mais relève d’une analyse technique et académique :
« Ceci n’a rien à voir avec l’amour ou la haine envers qui que ce soit. C’est de la science », conclut-il, signant sa publication par son désormais célèbre hashtag #NazoBetaKakaMiziki.
Un artiste, une voix citoyenne
Reconnu pour son engagement social et ses prises de position sur les grandes questions nationales, Alesh s’impose une fois de plus comme une voix citoyenne et intellectuelle, invitant à une lecture critique et rigoureuse des indicateurs économiques.
Son intervention met en lumière une réalité souvent occultée : l’appréciation du franc congolais n’a de sens que si elle se traduit par une amélioration tangible du pouvoir d’achat et du bien-être des ménages.
Joséphine Mawete


