RDC : les évêques de Kinshasa tirent la sonnette d’alarme face à l’urgence sociale et sécuritaire
Au terme d’une semaine de réflexion intense à Inongo, les évêques de la province ecclésiastique de Kinshasa ont brisé le silence. Dans un constat sans concession, ils tirent la sonnette d’alarme sur la dégradation alarmante du climat sécuritaire et social en République démocratique du Congo.
Le message passé des prélats est celui selon lequel le pays traverse une profonde crise sociale et sécuritaire. Ils pointent du doigt une pauvreté grandissante, une insécurité persistante qui fragilise les populations, ainsi qu’une montée inquiétante des hostilités verbales et physiques dirigées contre l’Église catholique, ses membres et ses biens.
Au-delà des enjeux sécuritaires, les évêques mettent également en lumière les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés les citoyens. Entre les tracasseries récurrentes sur les axes routiers et fluviaux, la prolifération de barrières illégales, les taxes arbitraires et la corruption qui gangrène l’administration ainsi que le système éducatif, le quotidien devient de plus en plus difficile pour de nombreux Congolais.
À ce tableau préoccupant s’ajoutent l’enclavement de plusieurs zones rurales et les retards chroniques dans le paiement des salaires des agents publics.
Toutefois, les évêques reconnaissent également certaines avancées enregistrées par le gouvernement, notamment dans la réhabilitation des infrastructures routières et l’amélioration de l’accès à l’énergie électrique. Ils saluent par ailleurs les efforts engagés pour restaurer la paix dans les zones touchées par les violences, particulièrement face aux exactions attribuées à la milice Mobondo.
Les responsables catholiques exhortent néanmoins les autorités à intensifier leurs actions afin de garantir un retour durable à la stabilité et d’améliorer les conditions de vie des populations.
Joëlle Luniongo


