Le mercredi 19 mars 2025, 52 détenus civils ont été libérés de la prison centrale de Bunia, en Ituri, dans le cadre d’une grâce présidentielle collective signée par le Chef de l’État.
Cette mesure, appliquée par la juridiction civile, vient compléter l’action de la juridiction militaire qui avait déjà libéré 84 militaires, portant ainsi à 134 le nombre total de détenus éligibles à cette initiative lancée en décembre 2024.
Un acte de clémence encadré
La libération des 52 détenus a été réalisée sous la supervision du substitut de la Procureure de la République près de la Cour d’appel de l’Ituri.
Lors de la cérémonie, le directeur de la prison centrale de Bunia, le lieutenant-colonel Camille Nzonzi Mukonyo, a exhorté les libérés à faire preuve de responsabilité. Il a averti que, si certains d’entre eux devaient retourner en prison, ce serait considéré comme une récidive à compter de la date de la peine ancienne non épuisée et de la nouvelle peine qui leur serait imposée.
« C’est juste l’exécution de la grâce signée par le Président. Nous avons connu un léger retard dans l’exécution de l’ordonnance, ce qui a malheureusement conduit certains à expirer leur peine malgré leur présence sur la liste des graciés », a expliqué le lieutenant-colonel Nzonzi Mukonyo.
Un contexte carcéral sous pression
La prison centrale de Bunia, conçue pour accueillir 500 détenus, héberge actuellement 2182 personnes. Ce niveau de surpopulation accentue les difficultés de gestion et compromet les conditions de vie des prisonniers.
Récemment, la tension a atteint son paroxysme lorsque certains détenus ont escaladé les murs de l’établissement dans une tentative d’évasion.
Dans ce contexte, la grâce présidentielle apparaît comme une mesure d’urgence visant non seulement à alléger la charge de l’établissement, mais aussi à offrir aux libérés une seconde chance de réinsertion sociale.
Un défi pour la réinsertion et la sécurité
Au-delà de l’aspect humanitaire, cette mesure de grâce doit s’inscrire dans une stratégie plus large de réinsertion. Les autorités judiciaires insistent sur le fait que les détenus libérés doivent désormais servir d’exemple dans la société et ne pas retomber dans les comportements ayant conduit à leur incarcération.
La rigueur dans le suivi de ces mesures est essentielle pour garantir que le geste de clémence se traduise par une amélioration durable de la sécurité et de la justice dans la région.
Vers une réforme carcérale plus large
L’expérience de Bunia, marquée par une surpopulation extrême et des tentatives d’évasion, souligne l’urgence d’une réforme plus globale du système pénitentiaire en RDC. Le dialogue entre les acteurs du système judiciaire et les responsables pénitentiaires est crucial pour adapter les politiques publiques aux réalités du terrain.
La grâce présidentielle, bien qu’elle apporte un soulagement immédiat, doit être accompagnée de mesures structurelles destinées à améliorer la gestion des établissements carcéraux et la réinsertion des détenus.
Alors que la grâce présidentielle se poursuit dans d’autres institutions du pays, l’expérience de Bunia pourrait bien servir de modèle pour une réforme pénitentiaire plus large, alliant sécurité, dignité et justice pour tous.
Lydia Mangala


