Rarement un ministre de la jeunesse aura autant fait parler de lui… ou plutôt d’elle.
Grâce Emy Kutino, ministre de la Jeunesse et de l’Éveil Patriotique, s’est imposée dans le débat public avec une vitesse que peu avaient anticipée.
En moins de 4 mois à la tête du ministère, elle a lancé des initiatives d’envergure continentale et intercontinentale qui, aujourd’hui, réveillent un enthousiasme massif chez les jeunes congolais.
Sur les réseaux, dans les universités, et même dans les quartiers populaires, une phrase revient comme un mantra :
« Enfin, on nous voit. Enfin, on nous prépare. Enfin, on nous connecte. », disent certains !
Un sentiment de rupture, voire de revanche générationnelle
La première réaction notable chez les jeunes, c’est l’étonnement. Pas l’étonnement naïf, mais celui d’une génération habituée aux promesses sans atterrissage concret. Kutino, elle, a amené des dossiers qui signent, des gigas qui s’activent, des CV qui se préparent et des bourses qui s’envolent.
Sur X (ex-Twitter), BENITHA Ntumba a déclaré :
« 250 000 jeunes formés au digital ? Ce n’est pas un chiffre pour un discours. C’est une armée de talents en préparation. », a-t-elle dit, Ouiiii

Dans les groupes WhatsApp étudiants, Junior Mukendi, Ministre de l’intérieur à la Coordination de l’UNISIC, ex IFASIC renchérit :
« Le digital, l’emploi, les bourses, internet gratuit… Elle parle notre langue : celle de l’avenir. Je rêve de la rencontrer et tenir une activité à l’université avec elle pour sensibiliser les étudiants.», a-t-il écrit.
Le discours ambiant illustre un changement narratif : le ministère n’est plus perçu comme une institution cérémoniale, mais comme un hub de possibilités.
Des initiatives jugées « trop grandes pour être locales »… mais locales dans leur impact
Les jeunes saluent particulièrement 5 axes majeurs, souvent cités dans leurs prises de parole :

– Accélération numérique
Signature aux États-Unis d’un protocole d’accord avec Cisco et Cybastion pour former 250 000 jeunes aux métiers du numérique.
Dans les campus, le mot « certification » a repris du crédit.
– Inclusion connectée
Partenariat de 5 ans avec Airtel RDC, offrant internet gratuit aux 250 000 apprenants, avec à la clé stages et emplois chez Airtel.
Un jeune à Mont-Ngafula écrit sur Facebook :
« Ce n’est pas internet. C’est l’égalité des chances. »

– Mobilisation citoyenne record
– Consultations nationales menées en moins d’un mois, avec une participation en ligne de 356 722 jeunes inscrits.
Première prouesse logistique : un pays, un formulaire, 356 722 réponses. Un record. Et sur terrain plus de réactions.
– Agora des opportunités
Lancement du Village des Opportunités, pensé comme un carrefour d’emplois, de sponsoring et de formation, avec ouverture imminente au Stade Tata Raphaël.
Là où autrefois il n’y avait que des gradins, il y aura désormais des rencontres qui créent des carrières.
– Ouverture au monde
– Protocole d’entente avec le Qatar pour bourses et formations;
– Accords avec Cisco/Airtel pour digitalisation des compétences;
– MoU avec le Qatar pour bourses et promotion des jeunes.
Un jeune heureux a déclaré :
« 4 mois. 3 continents. 250 000 jeunes. 356 722 inscrits. 5 ans d’internet gratuit. Respect. », a-t-il écrit.
Les critiques ? Oui. Mais les chiffres parlent plus fort
Sur les réseaux, certains rappellent que l’audace n’est pas une garantie de réussite, et que le défi résidera dans la continuité, l’exécution et l’évaluation. Mais même chez les plus exigeants, un fait est rarement contesté : aucun ministre récent n’avait généré une telle mobilisation en un temps aussi court.
Merveille, entrepreneure à Goma, écrit :
« Si le Village est bien géré, on parlera d’un avant et d’un après dans la politique jeunesse. Surtout pour les opportunités. »
Rogers, community manager à Lubumbashi, ajoute :
« Le ministère a rajeuni. Pas seulement dans l’âge, mais dans le logiciel. Et le travail de terrain.»
Ce que cette séquence dit de la jeunesse congolaise

Au-delà de l’admiration, un courant de réflexion traverse les discussions :
• La jeunesse ne cherche pas un leader parfait, mais un leader utile;
• L’avenir n’a pas besoin d’être promis, il a besoin d’être certifié;
• L’inclusion ne se décrète pas, elle se connecte;
• Le patriotisme ne s’enseigne pas seulement, il se vit par les opportunités qui restent au pays;
• Le numérique n’est pas un miracle : c’est une stratégie, quand il est planifié, financé et distribué.
Et surtout :
Les jeunes ne veulent plus être “une priorité”, ils veulent être une preuve. Ainsi, le présent du pays comme le dit le slogan de la Ministre Grâce Emy Kutino « Lelo eza ya bilenge ».
Rappelons que quatre jours avant l’ouverture du Village des Opportunités, le compte à rebours ne concerne pas seulement un événement. Il illustre un nouvel état d’esprit générationnel : se préparer, se pitcher, se financer, et surtout… se révéler.
Ainsi, Grâce Kutino a lancé des initiatives. Les jeunes, eux, ont relancé l’espoir.
Joséphine Mawete


