Contre la violence : Le silence n’est pas une option
À l’occasion des 16 Jours d’Activisme pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, je tiens à le dire haut et fort : rien ne doit constituer un obstacle à la dénonciation des abus qu’elles subissent.
Trop souvent la société inverse la culpabilité, cherchant à accabler les victimes de ces sévices en tentant de trouver une justification à la violence. Cette démarche, ce « victim blaming », est une violence psychologique et morale aussi grande que l’acte dénoncé.
Des questions comme : « Où étais-tu ? », « Que portais-tu ? », « Pourquoi étais-tu seule avec lui? » et tant d’autres de ce genre sont criminelles en elles-mêmes. Elles valident l’agression et minent la confiance des victimes.
Je regrette de constater que ces questions émanent encore trop souvent de la gent masculine. Si la solidarité est une vertu, l’omerta dans ce contexte est un véritable poison social. Ensemble, indépendamment de notre genre, nous devons dénoncer et condamner fermement ces violences. Le devoir de la société est de croire, de protéger et de soutenir la victime.
Alors que nos vies se déplacent de plus en plus dans le monde digital, l’espace numérique est devenu un nouveau terrain de chasse pour les agresseurs. La cyberviolence, le harcèlement en ligne, le revenge porn et la diffusion de discours haineux créent des environnements toxiques, forçant les femmes et les filles à se censurer ou à se retirer.
Un espace numérique sécurisé doit être un droit fondamental, non un privilège.
Pour que cela devienne une réalité, plusieurs actions sont à prendre en compte notamment :
Responsabilité des Plateformes : Les entreprises technologiques doivent être tenues légalement responsables d’appliquer des politiques strictes, de garantir une modération rapide et efficace des contenus abusifs, et de faciliter le signalement des agresseurs.
Éducation et Cybersécurité : L’intégration d’une éducation complète à la citoyenneté numérique, enseignant le consentement, le respect et les conséquences de la cyberviolence, doit être généralisée.
Protection et Confidentialité : Les lois doivent être renforcées pour protéger la vie privée des victimes, garantir la suppression immédiate des images ou vidéos intimes non consenties, et permettre une action en justice rapide contre les cyberagresseurs.
Protéger les femmes et les filles des violences, c’est aussi leur garantir la liberté de s’exprimer et d’exister en ligne sans peur.
16 Jours d’Activisme. Moins de mots, plus d’actes contre la VBG, la lassitude n’est pas une option.
Samuella Ngalula


