Réuni jeudi 9 avril à l’amphithéâtre du Complexe Mohammed VI, le président de la Confédération Africaine de Football (CAF), Patrice Motsepe, a tenu une conférence de presse très attendue. Entre diplomatie et fermeté, le dirigeant sud-africain a choisi de ne pas commenter la finale contestée de la CAN 2025, invoquant le respect des procédures judiciaires en cours.
Alors que la tension monte entre les supporters et les instances sportives concernant l’issue de la finale entre le Sénégal et le Maroc, Patrice Motsepe a coupé court à toute spéculation. Interrogé sur le fond de l’affaire, le patron du football africain a opposé une fin de non-recevoir, préférant s’en remettre aux instances juridiques internationales.
« Je dois attendre, conformément à la procédure du TAS. Nous devons protéger l’intégrité et la réputation de nos 54 associations membres et de la CAF. Nous devons désormais respecter sa décision et éviter toute déclaration. Nous devons travailler avec efficacité et intégrité. Je ne peux pas exprimer d’opinion sur une affaire qui est entre les mains de la justice. Nous ne sommes pas naïfs. Nous vivons dans un monde traversé par des difficultés et des problèmes historiques et politiques. Mon travail est d’unir tout le monde », a-t-il déclaré.
Pour le président de la CAF, l’heure est à la protection de l’institution. En refusant d’émettre une opinion personnelle, il mise sur la sauvegarde de l’intégrité et de la réputation des 54 associations membres. Une posture qui, si elle déçoit ceux qui attendaient une prise de position tranchée, assoit sa volonté de professionnaliser la gestion de la Confédération.
Au-delà du dossier judiciaire, Patrice Motsepe est revenu sur des événements marquants qui ont émaillé l’actualité récente du football sénégalais. Il a notamment évoqué son voyage au pays de la Teranga, prenant le temps de s’exprimer sur la situation des supporters arrêtés.
Mais c’est surtout le rappel du 28 mars dernier qui a fait grand bruit dans la salle. Ce jour-là, lors d’une rencontre face au Pérou au Stade de France, les joueurs sénégalais avaient célébré leur titre de manière spectaculaire, défilant avec le trophée de la CAF devant une foule en liesse à Paris. Ces images, symboles d’une fierté nationale débordante, restent gravées dans les mémoires, mais elles contrastent aujourd’hui avec l’incertitude juridique qui plane sur les compétitions à venir.
Fidèle à sa ligne de conduite, Patrice Motsepe a conclu son intervention par un message direct à l’encontre des détracteurs de l’instance continentale. Face aux rumeurs et aux critiques, il a invité les contestataires à agir sur le terrain de la preuve plutôt que sur celui de l’émotion.
« J’encourage vivement toute personne qui doute de l’intégrité de la CAF et l’accuse de corruption à porter plainte et à emprunter les voies légales », a-t-il martelé.
Alors que le dossier est désormais entre les mains du Tribunal Arbitral du Sport (TAS), le monde du football africain doit prendre son mal en patience. Entre diplomatie sportive et respect des textes, Patrice Motsepe tente de naviguer à vue, avec pour seul cap l’unité du continent.
Josaphat Mayi


