À Kinshasa, l’annonce de l’acquisition de nouveaux trains interurbains suscite autant d’enthousiasme que de scepticisme.
Si l’initiative semble répondre à un besoin réel de mobilité dans la capitale congolaise, une question persiste : à quoi bon multiplier les rames flambant neuves lorsque les infrastructures existantes demeurent fragiles, voire négligées ?
Entre promesse de modernité et réalités techniques, l’opinion publique interpelle les autorités, en particulier le ministère des Transports, pour des éclaircissements.
Un dispositif qui n’est pas un mur antiérosion

Contrairement aux rumeurs qui circulent, les récents aménagements observés le long des voies ferrées à Malueka et Kindele n’ont pas vocation à contrer les érosions.
Il s’agit en réalité d’un mécanisme de sécurité destiné à soutenir et protéger les infrastructures ferroviaires face à l’usure du temps et aux aléas naturels.
Cette précision est essentielle, car elle replace le débat au niveau technique, là où les enjeux véritables se jouent : la durabilité et la fiabilité du réseau ferroviaire.
La grande interrogation : pourquoi tant de précipitation ?

Ce qui étonne, ce n’est pas tant l’idée d’acquérir de nouveaux trains, une nécessité indiscutable pour fluidifier la mobilité urbaine, mais plutôt la rapidité avec laquelle le projet avance sans qu’un audit approfondi des infrastructures existantes n’ait été rendu public. Les rails, les gares et les systèmes de sécurité datent, pour la plupart, de plusieurs décennies.
Beaucoup craignent que les nouvelles rames, au lieu de révolutionner les transports, ne soient contraintes à rouler sur des installations vétustes, multipliant pannes et accidents.
Le rôle attendu du ministère des Transports

Le ministre des Transports, dont le bilan jusque-là est jugé largement positif, est aujourd’hui interpellé. Il lui revient d’apporter des réponses claires aux préoccupations des Congolais :
– Quelles mesures concrètes sont prévues pour réhabiliter les rails et moderniser les infrastructures ?
– Quel est le calendrier réel de mise en service des trains et de sécurisation des voies ?
– Comment éviter que l’argent public ne serve à acheter des machines qui finiront sous-utilisées faute de conditions techniques adéquates ?
Ces clarifications sont indispensables pour restaurer la confiance et dissiper l’impression d’improvisation.
Les Congolais veulent des solutions durables, pas des effets d’annonce
Au-delà des discours et des cérémonies d’inauguration, les Congolais attendent des solutions de fond pour leurs déplacements quotidiens.
Kinshasa, mégapole de près de 15 millions d’habitants, mérite un système ferroviaire fiable, sécurisé et moderne, qui réponde aux défis réels de la mobilité urbaine.
Le pays ne peut se contenter d’un spectacle aux allures de comédie, mais doit investir dans des infrastructures solides avant de penser à l’acquisition de nouveaux équipements.
Lydia Mangala


