À quelques heures du coup d’envoi de la demi-finale tant attendue entre le Nigeria et le Maroc, l’effervescence a atteint son paroxysme à Rabat. Ce mercredi 14 janvier, le stade Prince Moulay Abdellah sera le théâtre d’un duel de titans. Face à la presse, le sélectionneur des Super Eagles, Éric Chelle, a affiché une sérénité mêlée d’un réalisme tactique froid, conscient de l’immense défi qui attend ses hommes face au pays hôte.
Le parcours du Nigeria dans cette Coupe d’Afrique des Nations n’a pas été de tout repos. Éric Chelle ne s’en cache pas. Pour lui, l’organisme de ses joueurs est mis à rude épreuve. «Pour moi, je trouve que le groupe est fatigué», a-t-il admis en conférence de presse. Cette fatigue, loin d’être un aveu de faiblesse, semble être la base de sa réflexion stratégique pour contrer la machine marocaine.
Plutôt que de se lancer dans une bataille de possession perdue d’avance contre une équipe du Maroc souveraine techniquement, Chelle assume un choix pragmatique.
«Je pense qu’on peut laisser le ballon au Maroc, on va sûrement commencer comme ça et on verra au cours du match comment on va se comporter», a-t-il expliqué.
Face au Maroc, l’objectif de Chelle est clair. Celui de faire le dos rond, rester compact et frustrer l’adversaire. Éric Chelle ne veut pas brûler ses cartouches trop tôt ni être contraint à des ajustements de précipitation. Son plan de jeu est découpé avec une précision chirurgicale.
«On ne va pas commencer le match au bout de 15 minutes pour faire du changement. L’objectif est de ne pas encaisser en première mi-temps et jouer notre va-tout en seconde période.», a-t-il nuancé devant un parterre des journalistes.
Cette approche suggère un Nigeria attentiste en début de rencontre, misant sur une solidité défensive de fer pour épuiser nerveusement les Lions de l’Atlas, avant de lancer ses flèches offensives lors des 45 dernières minutes. Malgré les individualités de talent qui composent son effectif, le technicien malien à la tête du Nigeria refuse de personnaliser le débat. Pour lui, la clé ne réside pas dans un exploit isolé, mais dans la cohésion d’un bloc capable de souffrir ensemble.
«Moi, j’ai eu la chance d’avoir de grands joueurs. On va regarder le match avec les différents profils pour voir ce qu’on peut faire. Le plus important, c’est l’équipe», a-t-il martelé. En plaçant l’identité collective au-dessus de tout, Chelle espère créer un rempart infranchissable pour les attaquants marocains.
Reste à savoir si cette stratégie de la patience armée suffira à faire tomber le favori de la compétition devant son public. Réponse ce mercredi soir sous les projecteurs de Rabat.
Josaphat Mayi, à Rabat


