La récente vague de récompenses accordées aux Léopards de la RDC continue de susciter des réactions au sein de l’opinion. Dans une publication largement commentée, l’analyste Dieumerci Lusakumunu appelle les autorités à privilégier des investissements structurants dans le sport, plutôt que des dons matériels ponctuels aux joueurs.
Au cœur de son propos : la pertinence des véhicules et autres avantages offerts aux internationaux congolais. « Ces joueurs professionnels déjà friqués ont-ils réellement besoin de ces véhicules ? », s’interroge-t-il, estimant que ces ressources pourraient être orientées vers des projets à fort impact pour l’avenir du football national.
Lusakumunu plaide notamment pour la construction d’un centre technique moderne, inspiré de modèles de référence tels que le centre de Clairefontaine en France ou le Complexe Mohammed VI au Maroc. De telles infrastructures, souligne-t-il, permettraient de structurer la formation, d’encadrer les jeunes talents et de renforcer durablement la compétitivité des équipes nationales.
Pour appuyer son argumentaire, il cite l’exemple de la Côte d’Ivoire qui, après son sacre à la CAN 2025, a lancé la modernisation de son Centre technique national de Bingerville, avec l’appui du programme FIFA Forward. Un projet évalué à 4 millions d’euros, comprenant notamment des installations médicales, des espaces d’hébergement et des infrastructures d’entraînement.
En contraste, il s’interroge sur l’état actuel du centre Kurara Mpova en RDC, tout en déplorant l’absence d’investissements conséquents dans les infrastructures sportives nationales.
L’analyste établit également un parallèle historique avec les années 1970, rappelant qu’après la victoire des Léopards du Zaïre à la CAN 1974, des récompenses similaires avaient été accordées aux joueurs, sans pour autant impulser une transformation structurelle du football congolais.
Dans une adresse directe au Chef de l’État, Félix Tshisekedi, Dieumerci Lusakumunu exhorte à poser des actes durables en faveur de la jeunesse. Il estime qu’un investissement dans des infrastructures sportives modernes pourrait constituer un levier majeur pour lutter contre la délinquance, la drogue et le désœuvrement des jeunes.
Il interpelle également le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, l’appelant à proposer des projets structurants capables de relancer le football congolais et d’inscrire son développement dans la durée.
Au-delà de la polémique sur les primes, cette prise de position relance le débat sur la politique sportive en RDC : faut-il privilégier les récompenses immédiates ou investir dans des infrastructures capables de transformer durablement le paysage sportif national ?
La rédaction


