Ce mardi 22 juillet 2025, Washington a formellement annoncé son retrait définitif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), effectif au 31 décembre 2026.
La porte-parole du département d’État, Tammy Bruce, a invoqué des désaccords idéologiques avec la ligne de l’agence onusienne et l’admission de la Palestine en 2011 pour justifier cette décision.
Des motifs « America First » et un agenda globaliste
La décision repose avant tout sur l’incompatibilité, selon Washington, entre l’orientation des programmes de l’Unesco et la doctrine « America First ».
Tammy Bruce a critiqué l’agence pour sa promotion de causes sociales et culturelles clivantes et son soutien aux objectifs de développement durable, qualifié d’« agenda idéologique globaliste » contraire aux intérêts nationaux américains.
L’admission de la Palestine, point de rupture
Le premier grief cité es celui de l’adhésion de la Palestine comme État membre en 2011.
Les États-Unis estiment que ce choix alimente une atmosphère anti-israélienne au sein de l’Unesco, en contradiction avec leur politique de soutien à Israël.
Troisième retrait en quarante ans

Il s’agit du troisième départ des États-Unis de l’Unesco :
– 1984 sous Ronald Reagan, pour dénoncer une politisation excessive ;
– 2018 sous Donald Trump, pour un parti pris anti-israélien et de dysfonctionnements internes.
C’est 2023 que les États-Unis avaient réintégré l’Unesco sous l’administration du president Joë Biden.
Un impact financier et diplomatique mesuré

Malgré l’importance symbolique de cette décision, l’impact budgétaire restera limité. Les États-Unis contribuaient encore à hauteur d’environ 8 % du budget de l’Unesco, contre près de 22 % avant 2011.
De son côté, la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, a regretté cette annonce tout en soulignant que l’organisation s’était préparée à cette éventualité grâce à une diversification de ses financements. Elle a rappelé les réformes internes en cours et rejeté les accusations de partialité, en particulier en matière d’éducation sur la Shoah et de lutte contre l’antisémitisme.
Vers une diplomatie multilatérale plus sélective
Tammy Bruce a précisé que, post-2026, les États-Unis privilégieront une participation plus stratégique et claire au sein d’autres institutions internationales, alignées sur leurs priorités économiques et culturelles.
Cette annonce s’inscrit dans une tendance de Washington à réévaluer son engagement dans les organisations onusiennes depuis plusieurs administrations.
Lydia Mangala

