Trois ans après la désillusion de Paris, où il avait subi la puissance dévastatrice de Martin Bakole, Tony Yoka a choisi le sol de ses ancêtres pour orchestrer sa renaissance. Présent à Kinshasa depuis ce week-end, le champion olympique français ne cache plus ses ambitions. Il veut sa revanche, et il la veut en République Démocratique du Congo.
Accompagné de son père et entraîneur, Victor Yoka, l’ancien boxeur professionnel qui a lui-même fait ses premières armes en RDC, Tony vit ce voyage comme une quête identitaire autant que sportive. Reçu officiellement par le ministre des Sports, Didier Budimbu, le clan Yoka a jeté les bases d’un projet titanesque. En fait, il s’agit de l’organisation d’un combat de boxe de classe mondiale au cœur de la capitale.
Pour Tony Yoka, ce premier séjour en RDC dépasse le cadre du simple repérage.
« Je trouve que c’est une belle histoire. Mon père a commencé la boxe au Congo, il est ensuite arrivé en France, et moi je suis champion olympique. Revenir boxer à Kinshasa, ce serait boucler la boucle. », a-t-il expliqué.
Si l’émotion est palpable, la détermination guerrière n’est jamais loin. En mai 2022, Martin Bakole avait stoppé l’ascension de Yoka en lui infligeant sa première défaite chez les professionnels. Depuis, le colosse congolais s’est imposé comme l’un des poids lourds les plus craints de la planète.
Mais loin de fuir ce souvenir douloureux, Tony Yoka souhaite l’affronter de front, là où Bakole est roi. Un choix audacieux, presque mystique, qu’il a imposé à son propre entourage.
« Moi je suis français, mais aussi congolais. J’ai envie de battre Bakole à Kinshasa. On pouvait l’organiser à Paris, j’ai dit à mon père qu’il fallait que je le batte à Kinshasa. », a insisté Tony Yoka.
Soixante-deux ans après le combat mythique entre Ali et Foreman, Kinshasa pourrait redevenir l’épicentre de la boxe mondiale. En choisissant la RDC pour sa revanche, Tony Yoka ne cherche pas seulement à laver un affront sportif. Il cherche à conquérir le cœur d’un public qui, jusqu’ici, ne jurait que par son bourreau.
En discutant de ces projets de grande envergure avec les autorités congolaises, Tony Yoka prépare le terrain pour ce qui pourrait être le choc le plus symbolique de sa carrière.
Josaphat Mayi


