Le Bureau du Sénat a convoqué une séance plénière extraordinaire ce jeudi 22 mai 2025 à 14 heures précises dans la Salle des Conférences Internationales du Palais du Peuple.
À l’ordre du jour figure un point unique, mais d’une importance capitale : l’examen et l’adoption du rapport de la commission spéciale chargée de l’étude des réquisitoires émis par les autorités judiciaires contre deux sénateurs, dont un ancien chef de l’État.
Des réquisitions judiciaires visant un sénateur ordinaire et un sénateur à vie
Le premier réquisitoire a été adressé par le Procureur général près la Cour de cassation, qui sollicite l’autorisation d’ouvrir une instruction contre le sénateur Michel Lingepo.
Le second réquisitoire provient de l’Auditeur général près la Haute Cour militaire, et concerne le sénateur à vie Joseph Kabila Kabange. Il vise à obtenir la levée de son immunité parlementaire ainsi que l’autorisation d’engager des poursuites judiciaires à son encontre.
Cette double requête, qui implique pour la première fois un ancien président de la République dans une démarche de poursuites judiciaires, fait l’effet d’un séisme politique.
Elle soulève de nombreuses interrogations sur la nature des faits reprochés, l’indépendance des institutions judiciaires, et la capacité du Sénat à jouer pleinement son rôle dans le respect de l’État de droit.
Un moment décisif pour l’histoire politique et judiciaire du pays
La plénière prévue ce 22 mai est scrutée de près par l’opinion nationale et internationale. L’éventuelle levée de l’immunité de Joseph Kabila, qui bénéficie d’un statut constitutionnel de sénateur à vie depuis la fin de son mandat en 2019, pourrait ouvrir la voie à une évolution sans précédent de la justice en République démocratique du Congo.
Dans un pays en quête de transparence et de redevabilité, cette séance représente bien plus qu’un simple exercice parlementaire : elle incarne une étape cruciale dans l’affirmation de l’indépendance du pouvoir judiciaire et la consolidation de la démocratie.
Le vote des sénateurs, au terme de cette session, sera un indicateur fort de la volonté des institutions de rompre avec l’impunité et de faire triompher les principes républicains.
Lydia Mangala


